Les médias du service public cherchent des solutions innovantes à des problèmes de longue date
Bien que la loi européenne sur la liberté des médias récemment adoptée insiste sur la protection des médias de service public, des innovations sont nécessaires au niveau des salles de rédaction pour que ces médias puissent continuer à fonctionner.
Bien que la loi européenne sur la liberté des médias récemment adoptée insiste sur la protection des médias de service public, des innovations sont nécessaires au niveau des salles de rédaction pour que ces médias puissent continuer à fonctionner.
La législation européenne sur la liberté des médias publiée le mois dernier et visant à renforcer la transparence et l’indépendance des médias comprend un certain nombre de mesures de protection visant spécifiquement les médias de service public, c’est-à-dire les médias financés par le public et produisant des contenus pour lui.
Parmi celles-ci figurent des dispositions visant à protéger les dirigeants de ces prestataires de toute influence politique en garantissant qu’ils ne soient nommés ou licenciés qu’à l’issue de procédures transparentes, objectives et définies par la loi.
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Afin de protéger davantage les médias, le règlement oblige également les gouvernements nationaux à veiller à ce que ces organisations reçoivent un financement suffisant pour assurer leur indépendance éditoriale.
L’attention particulière accordée aux médias de service public fait suite aux préoccupations soulevées dans le rapport 2022 de la commission sur l’État de droit, qui, pour la première fois, s’est penchée spécifiquement sur les défis auxquels sont confrontés ces types de médias et sur les mesures que les pays peuvent prendre pour se défendre contre les pressions politiques auxquelles ils peuvent être confrontés.
Toutefois, aussi importantes que soient ces mesures, le défi consistant à faire en sorte que les médias de service public réalisent pleinement leur potentiel et fonctionnent aussi bien et aussi librement que possible est beaucoup plus vaste, selon de nombreux acteurs du secteur, et nécessite une réflexion innovante à tous les niveaux.
« La capacité des médias de service public à couvrir les grands événements d’actualité est en train d’être sapée », avec des conséquences majeures pour la démocratie, a averti Noel Curran, directeur général de l’Union européenne de radio-télévision (UER), lors d’un événement récemment organisé à Bruxelles.
Dans certains cas, notent les observateurs, c’est intentionnel, cela fait partie des stratégies de certains gouvernements pour perturber ou influencer le travail des radiodiffuseurs publics. À la fin de 2020, par exemple, Ljubljana a réduit le financement de STA, le radiodiffuseur national slovène, le privant de son soutien financier pendant des mois et le forçant à recourir au crowdfunding pour continuer à exister.
Bien que le financement ait finalement été rétabli l’année dernière, en partie grâce aux pressions de Bruxelles, cette situation a démontré la précarité des médias qui dépendent des fonds publics pour fonctionner.
Les médias de service public sont également confrontés à des problèmes qui touchent plus le secteur des médias au sens large. La lutte générale pour concurrencer financièrement les plateformes en ligne, exacerbée pendant la pandémie de Covid-19, a eu un impact sur de nombreux médias.
Depuis longtemps, des appels sont lancés à la Commission pour qu’elle s’attaque à ce problème de durabilité du secteur des médias.
S’exprimant lors de l’événement de l’UER, Věra Jourová, vice-présidente de la Commission chargée des Valeurs et de la Transparence, a reconnu que cette question n’avait pas encore été abordée de manière adéquate au niveau de l’UE, malgré les récentes mesures politiques prises dans le domaine des médias. « Je dois admettre que nous n’avons pas trouvé de solution à ce problème dans la [législation sur la liberté des médias] », a déclaré Mme Jououvá.
Le secteur a fait preuve d’innovation, dans l’espoir d’aborder les questions plus générales tout en renforçant les médias de service public dans leur ensemble.
L’UER a lancé un projet visant à stimuler la coopération transfrontalière entre les radiodiffuseurs de service public en Europe tout en répondant au besoin accru d’informations diverses et fiables face à la montée de la désinformation à l’ère de la pandémie.
« Une perspective européenne » (A European perspective), inaugurée en juillet 2021, a établi un réseau de 11 radiodiffuseurs publics à travers le continent et a développé une plateforme via laquelle leur contenu peut être partagé et repris par d’autres médias.
L’outil fait également intervenir l’intelligence artificielle pour proposer des traductions de textes et de documents audiovisuels afin de permettre au public d’accéder à une plus grande variété d’informations internationales et à une plus grande diversité d’angles de vue sur les mêmes sujets. Cette initiative a pour but de combattre les fausses informations et de sortir les individus de leur isolement en ce qui concerne l’information.
L’innovation est également présente au sein des salles de rédaction individuelles, avec la création de solutions à des problèmes plus individuels. Par exemple, l’agence de presse finlandaise STT est sur le point de développer un outil de planification en temps réel qui permettra aux clients de comprendre quel contenu est actuellement et sera bientôt disponible pour eux.
La visibilité de cet outil, qui sera développé en partenariat avec le développeur de logiciels tchèque Sourcefabric dans le cadre d’un projet lauréat Stars4Media NEWS, devrait façonner non seulement le travail de la salle de rédaction de STT, mais aussi l’écosystème médiatique plus large de la Finlande, dont une grande partie dépend de la couverture médiatique fournie par l’agence.