Les médecins prennent part au débat sur REACH [FR]

La grande revue médicale ‘The Lancet’ souhaite que la future législation sur les substances chimiques (REACH) protège les enfants à naître contre d'éventuels troubles du développement neurologique causés par certaines de ces substances.

La grande revue médicale ‘The Lancet’ souhaite que la future législation sur les substances chimiques (REACH) protège les enfants à naître contre d’éventuels troubles du développement neurologique causés par certaines de ces substances.

Selon un article publié aujourd’hui par la grande revue médicale « The Lancet » le 8 novembre 2006, l’exposition à des substances chimiques industrielles telles que les pesticides ou les solvants peut entraîner des troubles du développement neurologique, touchant un enfant sur 6.

L’auteur de cet article, Dr Philippe Grandjean, a toutefois déclaré à EURACTIV que le projet de législation européenne (REACH) ne permettrait pas de traiter correctement ce problème. Le projet de loi devrait être voté au Parlement en décembre et pourrait être adopté définitivement avant la fin de l’année.

Dr Grandjean, qui travaille au département de médecine environnementale de l’Université South Denmark, a ajouté : « REACH est incomplet car il ne tient pas compte des troubles du développement neurologique ».

Ces troubles cérébraux, qui pourraient, selon lui, être imputables à des substances chimiques, incluent l’autisme, les handicaps d’apprentissage, les déficits sensoriels, les retards mentaux et les troubles anormaux du tonus musculaire (paralysie cérébrale).

Toutefois, il a ajouté que ces mesures préventives étaient actuellement entravées par le niveau trop élevé de preuve requis avant de réguler une substance. La reconnaissance du risque et les programmes de prévention qui ont suivi produisent souvent de bons résultats mais ils n’ont été lancés « qu’après des retards considérables ».

Selon Dr Grandjean, en raison de ces retards, il faut adopter une nouvelle approche préventive, qui reconnaisse la « vulnérabilité exceptionnelle du cerveau en développement » lors des tests et des contrôles des substances chimiques.

On estime à 201 le nombre de substances toxiques qui nuisent au développement du cerveau. Cependant, selon le Dr Grandjean, « plus d’un millier de substances sont neurotoxiques dans les études de laboratoire ».

« Parmi les substances les plus souvent utilisées dans le commerce, moins de la moitié d’entre elles ont fait l’objet de tests de laboratoire de routine. Les quelque substances reconnues comme toxiques pour le développement neurologique chez l’humain doivent donc être considérées comme la partie visible d’un très gros iceberg ».

Il poursuit: « [Les législateurs européens] pourraient peut-être inclure dans REACH une phrase qui étendrait la toxicité au développement neurologique ». 

L’article de la revue « The Lancet » a retenu 201 substances chimiques connues pour entraîner des effets cliniques neurotoxiques chez l’adulte mais qui, selon le Dr Grandjean, peuvent aussi « nuire au développement cérébral chez l’enfant à des niveaux bien inférieurs ». Parmi ces substances figurent les métaux, les composants non-organiques, les solvants organiques et les pesticides.