Les marchés du carbone à l’agonie seront relancés
Un projet révisé qui vise à relancer les marchés européens du carbone à l’agonie sera mis aux voix lors de la session plénière du Parlement européen mercredi (3 juillet). Cela ne permettra toutefois que de « gagner du temps » pour une réforme plus en profondeur, indique le président de la commission parlementaire de l’environnement.
Un projet révisé qui vise à relancer les marchés européens du carbone à l’agonie sera mis aux voix lors de la session plénière du Parlement européen mercredi (3 juillet). Cela ne permettra toutefois que de « gagner du temps » pour une réforme plus en profondeur, indique le président de la commission parlementaire de l’environnement.
« Tout indique que nous allons gagner », a indiqué l'eurodéputé allemand Matthias Groote (Socialistes et Démocrates). « La proposition sera adoptée. »
« Mais le report n'est qu'un instrument qui vise à gagner du temps afin de maintenir le système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS), car nous avons besoin d'une réforme structurelle », a-t-il ajouté. « Si le prix du carbone chute à 3 euros la tonne, [l'ETS] n’aura plus d’effet. »
La première proposition de l'UE visait à reporter temporairement 900 millions de crédits carbone afin de faire grimper les prix, mais le Parlement européen l'a rejetée lors d'une session plénière en avril.
>> Lire : Second vote sur le projet de report de l'ETS ?
Depuis lors, les eurodéputés de centre-droit du Parti populaire européen (PPE), de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) et des Socialistes et Démocrates (S&D) ont rejeté une série de compromis qui visent à réduire les conséquences du projet sur les industries grandes consommatrices d'énergie, comme dans les secteurs sidérurgique et chimique. Ces mesures ont pour objectif de :
- détourner deux tiers des financements levés vers un fonds d'innovation pour les industries énergivores ;
- s'assurer que les crédits ne puissent être reportés que si la Commission établit que le report n'entraînera pas de « fuite de carbone » ou de délocalisation à l'étranger ;
- réintroduire sur le marché en 2015 tous les crédits reportés en 2014.
M. Groote a précisé que la proposition ferait quand même grimper les prix du carbone, mais pas de manière « significative ». Il a nié que le fonds pour l'industrie lourde constituait une subvention déguisée des carburants fossiles.
« C'est un compromis », a-t-il déclaré. « Je suis en faveur d'une suppression définitive des excédents de crédits et [la proposition] ne correspond pas à 100 % à mes souhaits, mais nous avons besoin d'une majorité. »
La mesure relative à la fuite de carbone pourrait être votée séparément, a-t-il ajouté.
L’adoption de la proposition pourrait éventuellement lancer les négociations entre le Conseil européen, la Commission et le Parlement après, ou pendant, les vacances d'été, selon l'eurodéputé allemand. Si cette proposition n’est pas adoptée, « elle tombe à l'eau », a-t-il précisé.
Hier (1er juillet), 41 grandes entreprises ont approuvé une déclaration de 12 ministres de l'UE en faveur du report, publiée dans le Financial Times.
Un autre rapport de l'organisation de défense de l'environnement Sandbag a récemment révélé qu'en raison de l'excédent de crédits, l'ETS mènerait à « une réduction inférieure à zéro » entre 2008 et 2020. Le système risque également d'annuler une réduction de près de 700 millions de tonnes de carbone, rendue possible grâce à d'autres politiques de l'UE sur le climat.