Les législateurs tchèques mettent en garde contre les opérations russes qui menacent les élections européennes

Selon la commission des affaires étrangères, de la défense et de la sécurité du Sénat tchèque, les campagnes d’influence et de désinformation menées par Moscou dans l’UE constituent une menace pour l’intégrité des prochaines élections européennes.

EURACTIV République tchèque
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Selon la commission, l’ingérence russe ne met pas seulement en péril la liberté de prise de décision, mais constitue également une violation inacceptable des droits des citoyens européens, a rapporté l’Agence de presse tchèque (ČTK). [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

Selon la commission des affaires étrangères, de la défense et de la sécurité du Sénat tchèque, les campagnes d’influence et de désinformation menées par la Russie dans l’UE constituent une menace importante pour l’intégrité des prochaines élections du Parlement européen.

La conclusion de la commission a été annoncée par son président, le sénateur Pavel Fischer. Elle fait suite aux récentes révélations sur les activités de la société de médias Voice of Europe, qui a diffusé de la propagande russe dans l’UE et a récemment été placée sur la liste des sanctions de l’UE.

Selon la commission, l’ingérence russe ne met pas seulement en péril la liberté de prise de décision, mais constitue également une violation inacceptable des droits des citoyens européens, a rapporté l’Agence de presse tchèque (ČTK).

S’exprimant au sujet de Voice of Europe, M. Fischer a déclaré que « cette société de médias a tenté d’influencer le débat public en République tchèque et dans d’autres pays de l’UE avec l’argent de la Fédération de Russie, a travaillé contre les intérêts de la République tchèque et a systématiquement diffusé de la propagande russe ».

La commission a reçu des informations sur Voice of Europe directement du Service tchèque d’information sur la sécurité au cours d’une session à huis clos, a-t-il expliqué.

La commission s’est également inquiétée de la décision de la Slovaquie d’accorder une protection internationale à Artyom Marchevsky, homme politique pro-russe et magnat des médias derrière Voice of Europe : « Il a agi contre les intérêts de la République tchèque en matière de sécurité », a ajouté M. Fischer.

Fin mars, le gouvernement tchèque a ajouté M. Marchevsky à une liste de sanctions, au même titre que Voice of Europe et l’homme d’affaires Viktor Medvedtchouk. Le Premier ministre Petr Fiala (Parti démocratique civique, ODS/Conservateurs et Réformistes européens) avait alors déclaré que M. Medvedtchouk, avec l’aide de M. Marchevsky, avait orchestré de nombreux réseaux d’influence depuis la Russie par l’intermédiaire du média. Le gouvernement a également accusé les deux hommes de diffuser de la désinformation et de corrompre des responsables politiques européens, mais M. Marchevsky a nié ces allégations et s’est opposé aux sanctions.

La commission sénatoriale a également discuté de l’enquête en cours sur l’explosion d’un dépôt de munitions à Vrbětice en 2014.

Les enquêteurs attribuent cette attaque, qui a entraîné la mort de deux citoyens tchèques, à deux officiers du service de renseignement militaire russe GRU, qui auraient cherché à perturber les livraisons de munitions aux régions où la Russie menait des opérations militaires.

Toutefois, le refus de la Russie de coopérer a entravé l’enquête de police.

« Nous considérons l’attaque terroriste menée par des soldats russes en service actif sur notre territoire comme une violation flagrante de la souveraineté et de la sécurité de la République tchèque et comme un acte d’hostilité contre lequel la République tchèque a le devoir de se défendre », a déclaré M. Fischer, citant la déclaration de la commission sur l’explosion.