Les Kosovars pourraient bientôt retourner aux urnes pour élire les maires de quatre municipalités
Les citoyens kosovars décideront s’il convient de remplacer les maires d’origine albanaise dans le nord du pays à majorité serbe, conformément à un processus en cours au ministère des Collectivités et de l’Administration locales, qui devrait s’achever le 1er septembre.
Les citoyens kosovars décideront s’il convient de remplacer les maires d’origine albanaise dans le nord du pays, région à majorité serbe, ou de les autoriser à rester en fonction, conformément à un processus en cours au ministère des Collectivités et de l’Administration locales, qui devrait s’achever le 1er septembre.
En novembre 2022, des fonctionnaires serbes et des représentants des autorités locales avaient démissionné en masse des institutions locales en raison de l’obligation imposée à tous les automobilistes kosovars d’apposer des plaques d’immatriculation délivrées par Pristina sur leur véhicule. Cette mesure allait avoir des répercussions sur certains Serbes du nord du Kosovo, qui possédaient des plaques délivrées par Belgrade.
Des élections ont été organisées en avril pour remplacer les démissionnaires, mais les Serbes ont refusé de participer ou de voter, à la suite des appels au boycott lancés par Belgrade.
Le taux de participation a été inférieur à 4 % et ce sont principalement des Albanais du Kosovo qui ont été élus. Lorsque les élus kosovars ont tenté d’entrer dans les bâtiments municipaux avec le soutien de la police du Kosovo, les Serbes ont répondu par des manifestations qui ont dégénéré en violences et en blessures occasionnées aux troupes de maintien de la paix de l’OTAN.
Depuis, l’UE a pris des mesures à l’encontre du Kosovo et a insisté pour que les maires soient démis de leurs fonctions, que la présence policière soit réduite et retirée des municipalités du nord et que de nouvelles élections soient organisées.
« En ce qui concerne les élections dans le nord, il s’agit d’un processus qui sera déterminé dans les prochains jours. En tant que ministre, j’ai assumé mes responsabilités en commençant par l’instruction administrative, qui prévoit le droit des citoyens à collecter des signatures pour la révocation des maires », a déclaré le ministre des Collectivités et de l’Administration locales, Elbert Krasniqi, lors d’une visite à Gjakovë.
Dans le cadre de ce processus, les citoyens ont pu collecter des signatures pour demander la révocation des maires. Si la majorité absolue des électeurs y est favorable, la demande peut être soumise au ministère, signée par le ministre et publiée au Journal officiel. Elle est ensuite transmise aux institutions compétentes et des élections peuvent être tenues conformément à la loi électorale.
« Toutes les étapes sont prévues, du début de la procédure, de l’initiative jusqu’à l’envoi de la pétition à la Commission électorale centrale (CEC). C’est la CEC qui organise le vote de destitution », a déclaré Besim Myrtezani, chef du groupe de travail mis en place par le ministère pour mener à bien le processus.
M. Krasniqi a indiqué qu’un groupe de fonctionnaires travaillait à la préparation des documents depuis le début du mois d’août.
Jusqu’à présent, « tout est en ordre » selon le ministre, et « les travaux du groupe de travail sur la rédaction de l’instruction administrative se déroulent correctement ». Il a indiqué que les fonctionnaires ont tenu deux réunions, précisant qu’il ne pouvait pas « donner de détails supplémentaires ».
Le 26 juillet, le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, a confirmé que des préparatifs étaient en cours pour les élections dans le nord du Kosovo, à la suite d’un accord conclu le 10 juillet avec l’Union européenne concernant la situation dans cette région. Quelques jours plus tard, le ministère compétent avait entamé la procédure.
Le gouvernement a convenu que « par une déclaration publique, il soutient la tenue d’élections anticipées dans les quatre municipalités du nord du pays […] après la saison estivale » et qu’il « s’engage à garantir la base juridique nécessaire pour permettre l’organisation de ces élections ».
Toutefois, Bruxelles avait insisté pour que les maires actuels démissionnent afin que de nouvelles élections puissent être organisées, ce à quoi M. Kurti a répondu qu’il ne pouvait pas les contraindre à le faire.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]