Les journalistes bientôt invités à voyager avec Barroso
Viviane Reding, commissaire à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, a indiqué ses mesures pour améliorer la communication de l’Europe, dans une lettre adressée au président de la Commission.
Viviane Reding, commissaire à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, a indiqué ses mesures pour améliorer la communication de l’Europe, dans une lettre adressée au président de la Commission.
Les journalistes pourront voyager avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et d’autres membres du collège à l’occasion de rencontres importantes à l’étranger, écrit la vice-présidente Viviane Reding dans une lettre datée du 21 juin que s’est procuré EURACTIV.com.
Le nouveau système, qui devrait être opérationnel en octobre 2010, est l’une des 14 mesures annoncées par la commissaire, également chargée de la communication.
Bien qu’il soit commun pour les journalistes de voyager avec les présidents et les premiers ministres des États membres de l’UE, tout comme avec le président des États-Unis, ils n’ont voyagé qu’à quelques reprises avec M. Barroso.
Quelques initiatives pilotes ont déjà été mises en place par la Commission pendant les rencontres internationales – comme le G8 ou le G20 – lorsque des charters ont été affrétés pour emmener M. Barroso et son équipe au rassemblement des dirigeants mondiaux.
Jamie Smyth, ancien correspondant du Irish Times qui a voyagé avec M. Barroso à l’occasion de la rencontre du G8 à L’Aquila en juillet dernier, écrivait sur son blog à l’époque : « Voyager avec l’entourage du président signifie avoir des briefings réguliers de M. Barroso […] Cela veut aussi dire que j’obtiens quelques ragots sur ce que disent les dirigeants les plus puissants du monde ».
Selon certaines informations, M. Smyth avait été sélectionné par la Commission pour être l’un des cinq journalistes à voyager avec le président en raison de sa nationalité, à quelques semaines du référendum sur le traité de Lisbonne, en octobre. De telles pratiques ont fait craindre que l’exécutif de l’UE puisse trier sur le volet des journalistes pour satisfaire ses besoins en matière de communication.
Un communication mieux maitrisée
Viviane Reding souhaite remettre avant l’été une décision sur le financement et les lignes directrices opérationnelles pour permettre à la Commission de prendre en charge certains des coûts des journalistes travaillant avec M. Barroso et les autres commissaires, écrit-elle dans sa lettre.
Le président aura également deux photographes attitrés de façon permanente pour s’assurer un service 24 heures sur 24, et une équipe de télévision qui travaillera avec lui et commencera au printemps 2011 au plus tard.
Ce service sera également étendu aux commissaires pour des missions médiatiques délicates, comme la visite d’Olli Rehn à Athènes dans les semaines à venir.
La nouvelle stratégie peut également être perçue comme un moyen de dynamiser la visibilité du président Barroso dans l’Union européenne post-Lisbonne, qui a introduit un président permanent du Conseil de l’UE et un ministre des Affaires étrangères.
Mais cela fait également partie des nouveaux objectifs stratégiques de la Commission. Dans un discours récent, le président de la Commission a affirmé que s’il s’était concentré ces cinq dernières années sur la consolidation de l’Union européenne élargie et la ratification finale du traité de Lisbonne, la commission Barroso II était déterminée à mettre en place un agenda pour une Europe mondiale.
Mme Reding a déjà substantiellement restructuré la direction générale (DG) communication, selon certaines sources. Après la décision de M. Barroso de regrouper la communication et la citoyenneté, le personnel a fait part de son inquiétude, bien que Viviane Reding ait essayé de les rassurer en leur affirmant que la communication resterait une stratégie prioritaire.
Ces dernières semaines, la restructuration des activités de communication a vu la nomination d’une équipe de quatre nouveaux rédacteurs de discours qui travailleront avec les propres rédacteurs du président et ceux des autres services pour élaborer des discours sur des questions transversales, comme la stratégie « Europe 2020 », la crise financière et le traité de Lisbonne.
Autre changement : des prompteurs vont être installés dans la salle de presse du Berlaymont pour les discours des commissaires et des fonctionnaires européens.
Par ailleurs, la Commission procurera également aux journalistes des transcriptions de conférences de presse, à partir du débat de l’année 2011.
Contrôler et réagir aux sites de réseaux sociaux
Au fait des nouvelles tendances, Viviane Reding a également mis au point un outil interne de contrôle des blogs européens, sur lequel les fonctionnaires de la Commission peuvent s’inscrire à des alertes mail basées sur des mots-clés.
La réfutation rapide et efficace d’informations peut ainsi être organisée par le service du porte-parole avec l’aide du service responsable, écrit la commissaire, ajoutant avoir également demandé au département communications de la Commission de mettre en place un réseau de 10 à 15 experts des médias pour superviser l’utilisation de réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter.