Les importations d’ampoules électriques chinoises attisent la polémique européenne [FR]
Une dispute se prépare concernant une proposition du commissaire au commerce extérieur, le britannique Peter Mandelson, de faire chuter les droits antidumping européens jusqu'à 66% sur les ampoules électriques répondant aux normes en matière d'efficacité énergétique et importées de Chine. De son côté, son homologue allemand, chargé de l'industrie, tente de stopper cette initiative.
Une dispute se prépare concernant une proposition du commissaire au commerce extérieur, le britannique Peter Mandelson, de faire chuter les droits antidumping européens jusqu’à 66% sur les ampoules électriques répondant aux normes en matière d’efficacité énergétique et importées de Chine. De son côté, son homologue allemand, chargé de l’industrie, tente de stopper cette initiative.
Le 29 août, lors de leur réunion hebdomadaire, les commissaires débattront de la levée des droits en vigueur depuis cinq ans.
Peter Mandelson, chargé du commerce extérieur, fait actuellement pression pour que le tarif sanction soit totalement levé, une initiative qui pourrait avoir pour effet de réduire de près de deux tiers le prix payé par les consommateurs. Il compte avec le soutien de la majorité des producteurs européens, notamment le groupe d’électronique hollandais Philips qui sous-traite la fabrication industrielle de ses ampoules à économie d’énergie en Chine.
Or, Günter Verheugen, commissaire allemand à l’industrie, est opposé à cette initiative qui provoquerait selon lui des licenciements pour le producteur national allemand d’ampoules électriques Osram, étant donné que les importations très peu coûteuses de la Chine affluent dans l’Union. Il devrait proposer un compromis sous la forme d’une prolongation des droits pour deux ans.
Plus tôt en juillet, un Porte parole de Mandelson a fait cessé à ces déclarations en rétorquant que c’était purement une question de concurrence commerciale entre deux entreprises européennes et que Osram cherchait à poursuivre les mesures antidumping parce que, proportionnellement, elles affectaient davantage l’entreprise Philips.
Mais selon l’Association pour le commerce extérieur (FTA), une organisation d’importateurs et de détaillants en Europe, Verheugen pourrait obtenir le soutien d’un certain nombre de ses collègues, comme le Président de la Commission José Manuel Barroso ainsi que Andris Piebalgs, commissaire à l’énergie.
Le conseillé juridique de la FTA, Stuart Newman, a dénoncé l’ « absurdité » de maintenir des tarifs au moment où l’UE tente d’encourager l’utilisation des technologies écologiques pour atteindre son double objectif de réduire l’utilisation de l’énergie et les émissions de CO2 de 20 % d’ici 2020. L’éclairage représente près de 14% de l’utilisation de l’électricité en Europe et selon les experts, remplacer les ampoules électriques traditionnelles par des ampoules à économie d’énergie réduirait les émissions de CO2 de 25 millions de tonnes par an.
En outre, le Commission cherche à abandonner progressivement les ampoules électriques ordinaires (EURACTIV 06/06/07) et on estime les producteurs européens incapables de répondre en totalité à la demande pour ce marché en croissance.
Newman a confié à Euractiv que, selon lui, poursuivre de telles mesures n’était ni dans l’intérêt de l’industrie européenne ni dans celui des consommateurs.
Mais la question est également considérée comme un test pour l’avenir de la politique antidumping européenne, actuellement en cours de révision (EURACTIV 08/12/06). Un certain nombre de nations européennes craignent que cette initiative soit utilisée comme précédent dans des cas futurs. L’objectif pour l’UE serait de donner davantage de poids aux intérêts des entreprises produisant ou se procurant des biens dans des pays où la main d’œuvre est bon marché, comme en Chine, plutôt qu’à celles dont le centre de production est basé en Europe – une initiative à laquelle des pays producteurs comme l’Espagne, l’Italie et un certain nombre de nouveaux Etats membres vont probablement s’opposer.