Les Hongrois appelés aux urnes le 12 avril, Viktor Orbán sur un siège éjectable
Ce vote représente un tournant pour le Premier ministre nationaliste Viktor Orbán, au pouvoir depuis 15 ans.
Le président hongrois Tamás Sulyok a annoncé la tenue des élections législatives au 12 avril, laissant présager un scrutin très suivi qui pourrait redéfinir les relations entre l’Union européenne et Budapest.
Ces élections, dont la date a été confirmée sur Facebook, pourraient marquer la fin du long règne du Premier ministre Viktor Orbán. D’après les sondages, le dirigeant du Fidesz est au coude à coude avec son adversaire et ancien membre de son parti, Péter Magyar, qui dirige le principal parti d’opposition, le Tisza. Cependant, la fiabilité d’une grande partie des données est remise en question en raison de l’influence de Viktor Orbán sur la plupart des médias du pays.
Les deux hommes ont transformé la campagne électorale en un affrontement entre deux visions radicalement différentes de la place de la Hongrie en Europe.
Au pouvoir depuis 2010, Viktor Orbán est souvent décrit par les responsables européens comme l’enfant terrible de l’Union, se heurtant régulièrement à Bruxelles sur des questions liées à l’État de droit. Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le Premier ministre hongrois a utilisé son droit de veto pour bloquer ou retarder les décisions relatives aux sanctions contre Moscou ou à l’aide à Kiev.
Péter Magyar, membre du Parlement européen, est soutenu par le Parti populaire européen (PPE), de centre-droit, et a fait campagne sur le rétablissement des liens avec les institutions européennes et la lutte contre la corruption. Son ascension a coïncidé avec les efforts déployés par les alliés de Viktor Orbán pour lever son immunité parlementaire afin de permettre des poursuites pour des infractions pénales présumées.
Péter Magyar nie ces accusations, motivées selon lui par des raisons politiques. L’année dernière, le Parlement européen a rejeté la demande de levée de son immunité, une décision qu’il a saluée comme un rejet des pressions politiques, mais que Viktor Orbán a présentée comme la preuve que son rival était aligné sur l’establishment bruxellois.