Les grands dirigeants mondiaux au chevet de l'Europe malade
Avec une économie grecque en crise assortie de troubles politiques intérieurs, les dirigeants des vingt plus grandes puissances mondiales ont tenté hier (3 novembre) de se protéger des retombées causées par la crise dans la seconde économie européenne la plus vulnérable, l'Italie.
Avec une économie grecque en crise assortie de troubles politiques intérieurs, les dirigeants des vingt plus grandes puissances mondiales ont tenté hier (3 novembre) de se protéger des retombées causées par la crise dans la seconde économie européenne la plus vulnérable, l'Italie.
Le président français, Nicolas Sarkozy, qui a dirigé la réunion du G20, a été clair en affirmant que les problèmes de la zone euro avaient occupé une place centrale dans les débats, même si ce sommet avait pour objectif premier de trouver des solutions pour relancer l'économie mondiale.
Alors que le scénario d'une faillite de la Grèce n'est plus un tabou, l'Italie a elle aussi été placée sous le feu des projecteurs.
A Cannes, le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, a été prié de prendre des mesures d'urgence pour rassurer les marchés et réduire son immense dette. Le dirigeant italien a dû quitter le sommet tôt ce vendredi pour affronter une rébellion toujours plus forte au sein de son parti de centre-droit, dont certains membres réclament haut et fort sa démission.
M. Berlusconi est arrivé les mains vides au sommet, dans la mesure où il n'est pas parvenu mercredi à recueillir le soutien nécessaire pour la mise en oeuvre d'un nouvel ensemble de réformes visant à relancer la croissance et à réduire la dette massive de son pays.
Devant la presse, M. Sarkozy a déclaré que la question posée par les dirigeants à M. Berlusconi était : « Est-ce que ce paquet sera mis en œuvre ? »
« Nous ne pouvons pas accepter l'explosion de l'euro qui signifierait l'explosion de l'Europe. Le problème doit être posé de cette façon et pas d'une autre. Si l'euro est le cœur de l'Europe, l'explosion de l'euro ferait exploser l'Europe », a affirmé M. Sarkozy.
M. Berlusconi a informé ses homologues européens jeudi qu'il demanderait un vote de confiance sur ces mesures dans les 15 prochains jours.
Dans le même temps, le premier ministre grec, George Papandreou, a annoncé avant son retour à Athènes qu'il serait prêt à démissionner si le parlement acceptait le programme de renflouement élaboré lors du sommet de la zone euro le 27 octobre dernier. Le dernier rebondissement de cette tragédie grecque est survenu lorsque M. Papandreou a annoncé qu'il avait abandonné l'idée d'un référendum sur le dernier programme d'aide en date pour son pays, ce qui avait exaspéré les dirigeants de l'UE et secoué les marchés.
Le président russe, Dmitri Medvedev, a qualifié la position de la Grèce d'« extravagante » et selon lui, le dirigeant grec aurait changé d'avis plusieurs fois au cours de la journée.
« Nos collègues ont mal à la tête en pensant à la situation en Grèce, mais également en Italie et en Espagne. Il est clair que la Grèce n'est que le maillon le plus faible, mais d'autres pays sont également en danger », a-t-il affirmé.
Doubler la capacité de financement du FMI
Le président américain, Barack Obama, a déclaré que l’Europe était frappée par la crise la plus importante et que son pays aiderait le vieux continent. Il a toutefois ajouté que le G20 devrait d'abord peaufiner les détails de son soutien à l'Europe, puis s'assurer que le plan soit « totalement et résolument » mis en oeuvre.
L'accord qui devrait être finalisé aujourd'hui (4 novembre) pourrait entraîner la multiplication par deux de la capacité de financement du Fonds monétaire international (FMI).
La Grande-Bretagne serait prête à apporter des milliards de livres sterling pour la mise en place d'un nouveau paquet de sauvetage économique mondial. « Quand le monde est en crise, il est normal d'envisager d'augmenter la capacité du FMI, le Fonds monétaire international, une organisation fondée par la Grande-Bretagne où nous jouons un rôle clé », a déclaré David Cameron, le premier ministre britannique.
Pour rassurer la population de son pays, il a ajouté qu'aucun gouvernement n'avait jamais perdu d'argent en en prêtant au FMI, qui soutient les pays du monde entier.
« Mais nous n'accepterons pas que le FMI investisse directement dans un fonds de renflouement pour l'euro. Ce ne serait pas correct et nous ne soutiendrons pas les idées allant en ce sens. Les contribuables britanniques n'ont donc pas à craindre que le FMI joue son rôle, c'est ce que nous avons toujours souhaité », a expliqué M. Cameron
Stratégies de Beijing
La Chine s'est vue sollicitée pour contribuer à ce processus en investissant une partie de ses 3200 milliards de dollars (2300 milliards d'euros) en réserves de change dans le fonds de renflouement. Le vice ministre des finances, Zhu Guangyao, a toutefois affirmé qu'il était encore trop tôt pour parler de l'implication de la Chine, a rapporté Reuters.
Dans son discours, le président chinois, Hu Jintao, a expliqué que l'économie mondiale était à un « tournant » et que la gouvernance économique mondiale était confrontée à des « tâches ardues ».
« Il est impératif que nous restions à un niveau supérieur, que nous transcendions nos différences sur les problèmes spécifiques, que nous allions au-delà des considérations à court terme et que nous cherchions ensemble une solution à la crise et une façon de se diriger vers le développement durable », a déclaré M. Hu.
La Chine exercerait des pressions sur l'UE pour que celle-ci lui accorde le statut d'économie de marché, ce qui pourrait entraîner la diminution des droits de douane pour les produits chinois vendus dans la zone euro.
M. Hu a également affirmé qu'il était peu probable que la valeur du yuan augmente, contredisant ainsi des déclarations plus optimistes des Etats-Unis.