Les gouvernements de l’UE critiquent les projets de Bruxelles au sujet des OGM
Les plans de la Commission européenne visant à remettre aux Etats membres le pouvoir de bannir ou d’autoriser la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM) ont été vivement critiqués par les gouvernements clés de l’UE lors d’un Conseil Agriculture tenu hier (27 septembre).
Les plans de la Commission européenne visant à remettre aux Etats membres le pouvoir de bannir ou d’autoriser la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM) ont été vivement critiqués par les gouvernements clés de l’UE lors d’un Conseil Agriculture tenu hier (27 septembre).
Tous les poids lourds de l’UE se sont opposés aux propositions avancées en juillet par le commissaire à la santé John Dalli, qui visaient à débloquer une impasse qui dure depuis une décennie sur la culture d’organismes génétiquement modifiés au sein de l’UE.
Les projets de Bruxelles ont été critiqués aussi bien par les pays traditionnellement anti-OGM tels la France et l’Italie que par les Etats membres qui sont depuis longtemps pro-OGM, tel l’Espagne. L’Allemagne, le Royaume-Uni et la Pologne ont également fait opposition à la proposition.
Sabine Laruelle, minsitre belge de l’agriculture et actuellement présidente du Conseil Agriculture de l’UE a reconnu qu’il ne s’agit pas d’un compromis qui peut être atteint en quelques mois, et que les questions seront sujettes à de longues négociations.
Les Etats membres craignent que la proposition ne conduise à une fragmentation du marché interne des produits agricoles. La proposition de la Commission est également perçue comme incompatible avec les règlementations de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Le commissaire Dalli a répondu aux critiques durant une conférence de presse tenue à Bruxelles, disant que la proposition ne porte pas atteinte au marché interne et n’est pas contraire aux règlementations de l’OMC, et que c’est plutôt la situation présente qui crée un problème avec l’OMC.
Toutefois, le projet de la Commission court le risque d’être retiré, ou radicalement modifié. En tant que mesure traditionnelle, les ministres se sont mis d’accord sur l’établissement d’un groupe de travail dont le but sera d’aborder les questions issues des critiques à cette proposition.
M. Dalli espère également que les ministres de l’environnement, qui ont également un avis à donner sur la question, adopteront une approche moins critique envers cette idée. Il a déclaré que les négociations auront lieu au Conseil Environnement dans trois semaines. La rencontre des ministres de l’environnement aura lieu le 14 octobre.
La ministre belge Sabine Laruelle a déclaré qu’il serait nécessaire de mieux informer le public au sujet des OGM afin d’éviter de dangereuses simplifications. Elle a dit qu’on ne peut réduire la question des OGM à une lutte entre bons et mauvais OGM.
Selon l’étude menée par Eurobaromètre publiée en 2008, 58% des citoyens européens sont opposés aux OGM, tandis que seuls 21% se déclarent en faveur des organismes génétiquement modifiés. Dans certains pays, comme la Slovénie, la Grèce ou Chypre, plus de trois quarts de la population est contre les OGM.