Les garanties de sécurité européennes sans les États-Unis ne seront pas suffisantes, selon Volodymyr Zelensky

Les garanties de sécurité des pays européens ne seront pas « suffisantes pour l’Ukraine » et doivent être accompagnées d’un engagement des États-Unis, a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky à l’issue d’entretiens à Bruxelles jeudi 19 décembre.

EURACTIV.com
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« Il est impossible de discuter uniquement avec les Européens, car la seule garantie, actuelle ou future, est l’OTAN », a déclaré le président ukrainien. [Consilium]

Les garanties de sécurité des pays européens ne seront pas « suffisantes pour l’Ukraine » si elles ne sont pas accompagnées d’un engagement des États-Unis, a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky à l’issue d’entretiens à Bruxelles jeudi 19 décembre.

« Je pense que les garanties européennes seules ne seront pas suffisantes pour l’Ukraine », a confié Volodymyr Zelensky aux journalistes après des entretiens avec les dirigeants de l’UE à Bruxelles.

« Il est impossible de discuter uniquement avec les Européens, car la seule garantie, actuelle ou future, reste l’adhésion à l’OTAN », a ajouté le président ukrainien.

« Il est très important pour nous que les États-Unis et les Européens soient d’accord […] — et qu’une décision commune émerge », a indiqué Volodymyr Zelensky.

Les partenaires européens se démènent actuellement pour assurer à Kiev un soutien militaire continu, et multiplient les débats stratégiques en prévision du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche le mois prochain. Ils craignent en effet que le futur président américain puisse retirer son soutien à l’Ukraine et l’obliger à faire des concessions à la Russie.

Volodymyr Zelensky n’a pas indiqué s’il avait reçu des gages lors du dîner sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine organisé mercredi 18 décembre par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, en présence de plusieurs dirigeants de l’Union européenne.

Le président ukrainien a précisé qu’il n’était pas en mesure de partager des détails « jusqu’à ce que des décisions soient prises ».

« La paix par la force reste la devise », a affirmé quant à lui le Premier ministre néerlandais Dick Schoof, qui a assisté aux discussions de mercredi.

« Nous n’avons pas explicitement évoqué de négociations. Nous avons expliqué qu’il revient à l’Ukraine de décider des conditions dans lesquelles celles-ci peuvent se dérouler. Cela ne dépend pas de nous », a ajouté Dick Schoof.

Lors de sa rencontre avec les dirigeants européens jeudi, Volodymyr Zelensky a lancé un nouvel appel aux partenaires européens afin qu’ils coordonnent leurs efforts en vue d’instaurer une paix durable en Ukraine, en s’appuyant sur les actions déployées récemment pour garantir un soutien continu à l’Ukraine en cas de futurs pourparlers sur un cessez-le-feu.

« Nous avons besoin d’un travail coordonné pour une paix durable, et pas seulement d’une suspension des hostilités […]. Nous devons pousser Moscou vers une paix véritable, durable et garantie », a déclaré Volodymyr Zelensky aux dirigeants européens présents dans la salle.

Le chancelier allemand Olaf Scholz, qui a également participé au dîner de mercredi, a expliqué aux journalistes que l’Europe devait « assurer un soutien à long terme à l’Ukraine ».

Les États membres de l’UE devraient examiner ce qu’ils peuvent fournir en termes de défense aérienne, d’artillerie et de munitions « pour que l’Ukraine puisse défendre son indépendance et sa souveraineté », a ajouté Olaf Scholz.

Interrogé sur ce que l’Europe pourrait faire de plus pour aider l’Ukraine, Volodymyr Zelensky a critiqué certains partenaires européens qui n’ont pas encore tenu leurs promesses, comme la formation des brigades. En effet, des treize brigades ukrainiennes que les Européens devaient former et équiper en dehors de l’Ukraine, seulement deux l’ont été, une en France et l’autre en Allemagne.

Le président ukrainien a également indiqué que son pays avait besoin d’au moins 19 systèmes antimissiles supplémentaires pour protéger ses installations énergétiques cet hiver.

Jeudi, un certain nombre de dirigeants européens ont également commencé à mettre publiquement en garde contre des pourparlers précipités. « Toute tentative de négociations trop rapides sera, en fin de compte, une mauvaise affaire pour l’Ukraine », a affirmé Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l’UE avant le sommet.

Et d’ajouter : « Tous les autres acteurs dans le monde observent attentivement la manière dont nous agissons sur ce dossier, et nous devons donc nous montrer forts ».