Les frontières de l'UE ouvertes aux citoyens de Kaliningrad

La Commission a annoncé le 29 juillet qu'elle proposait que les citoyens de l'enclave russe de Kaliningrad, coincés entre la Pologne et la Lituanie, puissent bénéficier d'un régime sans visa sur une zone de 30 à 50 km à l'intérieur des deux pays de l'UE.

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La Commission a annoncé le 29 juillet qu'elle proposait que les citoyens de l'enclave russe de Kaliningrad, coincés entre la Pologne et la Lituanie, puissent bénéficier d'un régime sans visa sur une zone de 30 à 50 km à l'intérieur des deux pays de l'UE.

« La situation de l'enclave de Kaliningrad est particulière. La solution proposée par la Commission facilitera les contacts humains et encouragera la coopération économique des deux côtés de la frontière sans affecter la sécurité », a déclaré Cécilia Malmström, commissaire aux affaires intérieures, dans un communiqué écrit.

Lorsqu'EURACTIV lui a demandé de commenter ce communiqué, la porte-parole de Mme Malmström, Michele Cercone, a confirmé que selon cette proposition, environ un million de citoyens de l'oblast de Kaliningrad pourraient voyager dans les zones frontalières, mais ne pourraient pas atteindre les capitales des deux pays, Vilnius et Varsovie, sans visa.

Jusqu'à présent, seuls les citoyens de l'oblast de Kaliningrad proches des frontières avec la Pologne et la Lituanie, pouvaient bénéficier de ce régime particulier, mais cette nouvelle initiative pourrait concerner tous les citoyens de l'enclave russe.

Cette proposition sera discutée au Conseil et au Parlement européen.

Bon timing

La Commission a présenté cette proposition en accord avec le souhait de la présidence polonaise de l'UE qui souhaite faire un geste de bonne volonté dans un contexte de relations difficiles entre la Pologne et la Russie, a appris EURACTIV.

En effet, le même jour, les autorités polonaises ont publié un rapport très attendu sur l'accident qui a eu lieu le 10 avril 2010 près de Smolensk et qui a frappé un avion militaire qui transportait le président Lech Kaczy?ski ainsi que 95 autres personnes.

Un « Livre blanc » récemment publié et parrainé par le frère jumeau de Lech Kaczy?ski, Jaros?aw Kaczy?ski, le leader du parti polonais de droite Droit et justice  (PiS ; affilié au groupe des Conservateurs et Réformistes européens au Parlement) accusait la Russie pour l'accident.

Contrairement à ce Livre blanc, le rapport officiel affirme que les responsabilités du crash sont partagées et dément toute théorie de conspiration. Il stipule que les membres de l'équipage de l'avion Tupolev TU-154 étaient mal entraînés et qu'ils ignoraient les règles de sécurité. Des erreurs commises par le personnel russe au sol et les mauvaises conditions à l'aéroport de Smolensk ont également contribué à l'accident, mentionne également le rapport.

Le ministre polonais de la défense, Bogdan Klich, a immédiatement démissionné après la publication de ce rapport. L'avion TU-154 était un appareil militaire.

Lors d'une visite de la presse en Pologne le mois dernier, plusieurs représentants polonais ont critiqué ce « Livre blanc » et l'un d'entre eux l'a même qualifié de livre de « science-fiction ». Toutefois, ils ont tous rapidement ajouté que les relations Russie-Pologne se développaient, citant en exemple le régime sans visa pour les citoyens de l'oblast de Kaliningrad, considéré par Varsovie comme l'une des priorités de la présidence polonaise.