Les fonctionnaires de l'UE critiquent la position d'Ursula von der Leyen à l'égard d'Israël
Les fonctionnaires de l'Union européenne, d’ordinaire plutôt réservés, ont critiqué la position de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui apporte son soutien « inconditionnel » à Israël, dans une lettre consultée par Euractiv.
Les fonctionnaires de l’Union européenne, d’ordinaire plutôt réservés, ont critiqué la position de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui apporte son soutien « inconditionnel » à Israël, dans une lettre consultée par Euractiv.
L’hebdomadaire français Marianne a révélé jeudi soir une lettre signée par des fonctionnaires de l’Union européenne, qu’Euractiv a pu se procurer, dans laquelle ils reprochent à la présidente de la Commission son « soutien incontrôlé à Israël ».
Selon nos informations, cette lettre, qui s’adresse à la présidente Ursula von der Leyen, a été envoyée aux délégations de l’UE dans le monde entier, y compris aux bureaux de représentation de la Commission européenne. Environ 32 000 personnes sont employées par l’UE, et près de 850 membres du personnel ont déjà signé la lettre.
Les responsables se disent « surpris par la position adoptée par la Commission européenne », qui consiste, d’après les signataires, en un « soutien inconditionnel de la Commission que vous représentez à l’une des deux parties », ont-ils écrit à Ursula von der Leyen.
« Nous condamnons tout aussi fermement la réaction disproportionnée du gouvernement israélien à l’encontre des 2,3 millions de civils palestiniens piégés dans la bande de Gaza, réaction que de nombreux observateurs considèrent comme un crime de guerre », ajoutent-ils.
« C’est précisément en raison de ces atrocités que nous sommes surpris par la position adoptée par la Commission européenne — et même par d’autres institutions de l’UE — pour promouvoir ce qui a été décrit dans la presse comme une cacophonie européenne », peut-on lire dans la lettre.
Ils affirment que « ce soutien s’exprime de manière incontrôlée » et s’inquiètent de « l’apparente indifférence manifestée ces derniers jours par notre institution à l’égard du massacre actuel de civils dans la bande de Gaza, au mépris des droits de l’homme et du droit humanitaire international ».
En début de semaine dernière, la Commission a dû revenir sur l’annonce faite par le commissaire chargé de la politique de voisinage, Olivér Várhelyi, selon laquelle elle supprimerait « toute aide » aux Palestiniens, à la suite de nombreuses critiques émanant d’autres institutions de l’UE et de divisions au sein de l’exécutif de l’UE.
Certains responsables européens et États membres ont également critiqué Mme von der Leyen, qui s’est rendue en Israël vendredi dernier (13 octobre), pour ne pas avoir déclaré que l’UE attendait d’Israël qu’il respecte le droit humanitaire international dans sa réponse à l’attaque, comme l’ont fait d’autres dirigeants de l’UE.
La France, par la voix de l’Elysée, indiquait par exemple que « la position des États membres de l’Union Européenne a été exprimée notamment par la voix du Conseil, donc en l’occurrence de Monsieur Borrell, après le débat entre les États membres », quelques jours après une première réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’UE sur la question.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, a déclaré mardi (17 octobre) que le siège de Gaza par Israël, où « aucune eau, aucune nourriture ne peut entrer, ne respecte pas le droit international ».
Dans leur lettre, les membres du personnel de l’UE ont déclaré qu’ils ne reconnaissaient pas les valeurs européennes dans la position de la Commission.
« Nous vous demandons instamment d’appeler, avec les dirigeants de l’ensemble de l’Union, à un cessez-le-feu et à la protection de la vie civile. Il en va de l’essence même de l’existence de l’UE. »
« L’UE risque de perdre toute crédibilité », avertissent ces responsables.