Les fédérations professionnelles européennes n'ont pas encore digéré l'élargissement [FR]

L'impact du dernier élargissement de l'UE n'a pas encore été pleinement perçu par les fédérations professionnelles européennes : telle est l'un des principaux enseignements d'une enquête réalisée par EURACTIV, qui montre également que les fédérations manquent d'indicateurs précis leur permettant d'évaluer la qualité des services rendus à leurs membres.  

L’impact du dernier élargissement de l’UE n’a pas encore été pleinement perçu par les fédérations professionnelles européennes : telle est l’un des principaux enseignements d’une enquête réalisée par EURACTIV, qui montre également que les fédérations manquent d’indicateurs précis leur permettant d’évaluer la qualité des services rendus à leurs membres.  

Depuis l’entrée dans l’UE de 10 nouveaux Etats membres, le 1er mai 2004, les fédérations européennes doivent faire face à une augmentation des demandes de leurs membres, et par là même à une accumulation de tâches nouvelles, cela à périmètre budgétaire constant : tel est l’un des principaux enseignements de l’enquête annuelle réalisée par EURACTIV auprès des fédérations professionnelles européennes.

« L’élargissement s’est traduit par une hausse du nombre de nos membres, et donc par une augmentation de notre charge de travail », indique ainsi l’une des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête, selon qui les membres des nouveaux pays semblent « surtout avoir besoin de soutien pour leurs activités de lobbying au niveau national. »  

Alfons Westgeest, partenaire au sein de la société Kellen Europe, a commenté les résultats de l’étude : « Les fédérations doivent aujourd’hui gérer une pression plus importante avec des budgets réduits. Certes, la hausse du nombre de membres peut entraîner un accroissement des ressources disponibles, mais les fédérations doivent rester concentrées [sur leurs objectifs premiers], afin de servir au mieux leurs membres les plus importants. »

L’enquête révèle également que seul un tiers des fédérations cherchent à comparer leur travail à celui effectué par des organismes de même type pour mieux évaluer l’efficacité de leur action. 

Par ailleurs, un quart seulement des fédérations ayant répondu à l’enquête disent chercher à mesurer les économies qu’elles estiment faire réaliser à leurs membres. Or, lorsque ces membres sont des entreprises, la question de la réduction des coûts est très importante, souligne Alfons Westgeest : « De nombreuses entreprises font très attention à leurs coûts, y compris ceux liés à l’appartenance à des fédérations, des groupes d’intérêts, des associations nationales, etc. »

61,8% des fédérations interrogées dans le cadre de l’enquête déclarent par ailleurs consacrer un budget spécifique à leur communication. Plus intéressant : 60% d’entre elles ont financé le développement d’intranets et/ou d’extranets, ces modes de communication s’imposant comme les plus populaires auprès des fédérations.  

L’enquête précédente avait permis de constater que les fédérations attachaient une importance croissante à la communication sur Internet (EURACTIV, 15 novembre 2004).