Les experts veulent que Copenhague relève le défi de l’eau

La semaine mondiale de l’eau a donné l’occasion de rappeler l’urgence de la situation dans les pays en développement. Leurs problèmes de pénuries et de qualité de l’eau sont un corollaire du changement climatique.

La semaine mondiale de l’eau a donné l’occasion de rappeler l’urgence de la situation dans les pays en développement. Leurs problèmes de pénuries et de qualité de l’eau sont un corollaire du changement climatique.

La déclaration de Stockholm a marqué le temps fort de la semaine mondiale de l’eau qui s’est déroulée du 16 au 22 août dans la capitale suédoise. Le message consistait à souligner « l’importance d’intégrer correctement l’eau dans l’accord de Copenhague, ainsi que dans les développements futurs. » 

L’eau sous-tend des enjeux transversaux d’ordre économique, social et environnemental. Le document insiste sur la nécessité d’un accord ferme et juste «pour sécuriser la disponibilité des futures ressources ». Une position qui converge avec les propos tenus lors du dernier forum mondial sur l’eau (EURACTIV.com 20/03/09).

Si aucune mesure n’est prise, 47% de la population mondiale vivra dans des zones où sévissent les pénuries d’eau d’ici 2030, selon l’organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

La situation est d’autant plus préoccupante pour les pays en développement, qui sont encore « plus dépendants des aléas climatiques », a précisé la ministre suédoise pour le développement et la coopération, Gunilla Carlsson. La Suède a par ailleurs placé la question climatique en haut de l’agenda de la présidence de l’UE qu’elle assume jusqu’à la fin de l’année.

L’Europe a commencé à prendre la mesure du problème de l’eau dans les enjeux climatiques. Mais son action a été critiquée pour son manque d’approche intégrée. (Euractiv 06/04/09). 

Les experts présents à Stockholm ont également mis en exergue l’importance d’approfondir la recherche sur la fragilité des ressources en eau et d’accroître les fonds visant à développer la protection de l’écosystème.

Reste à déterminer le financement de l’adaptation et de la prévention au changement climatique. Sur cette question épineuse, la Conférence a plaidé en faveur d’aides versées aux pays pauvres afin d’atténuer les conséquences du manque d’eau dont ils pâtissent déjà.

POSITIONS :

Dans son document de travail sur l’eau et le changement climatique, la Commission européenne observe que le changement climatique aura « un impact très important sur la quantité et la qualité de l’eau ».

Le 3ème rapport de l’ONU sur l’eau estime à 3 milliards la progression démographique d’ici 2050. 90% de ces individus vivront dans des pays en développement dont beaucoup souffrent de pénuries d’eau potable et d’un déficit d’infrastructures sanitaires.

« La qualité de l’eau et son utilisation durable constituent un problème global urgent. Des principes clairs doivent être dégagés et des moyens doivent être mis en œuvre pour améliorer la gestion de l’eau », a expliqué Anne-Léonore Boffiassistante de projet au World Business Council for Sustainable Development (WBCSD). 

James Griffiths, directeur du service de l’eau au WBCSD s’est réjoui des nombreuses initiatives qui ont émergé en matière de gestion de l’eau. C’est un signal positif et les entreprises prennent cette problématique en compte. Nous les aidons à identifier quelle solution est susceptible de satisfaire au mieux leurs besoins », a-t-il précisé.