Les États-Unis ne retireront pas leurs forces d’Europe, aurait assuré l’envoyé de Donald Trump à la Pologne

L’administration Trump n’a pas l’intention de retirer ses forces d’Europe, a déclaré le président polonais Andrzej Duda après avoir rencontré mardi à Varsovie Keith Kellogg, l’envoyé spécial américain pour l’Ukraine et la Russie.

EURACTIV Pologne
Polish President Andrzej Duda visits China
Le président polonais Andrzej Duda s'exprime lors d'un point presse après avoir rencontré des étudiants à l'université de Fudan, à Shanghai, en Chine, le 26 juin 2024. [EPA-EFE/Radek Pietruszka]

L’administration Trump n’a pas l’intention de retirer ses forces d’Europe, a déclaré le président polonais Andrzej Duda après avoir rencontré mardi à Varsovie Keith Kellogg, l’envoyé spécial américain pour l’Ukraine et la Russie.

D’après Andrzej Duda, Keith Kellogg et lui-même ont discuté des récents incidents liés à la guerre hybride russe, ainsi que des préoccupations concernant l’avenir de l’engagement américain dans la défense européenne.

« Les États-Unis n’ont absolument aucune intention de réduire leur activité dans notre partie de l’Europe, notamment en termes de sécurité, ni de diminuer le nombre de leurs troupes », a déclaré le président polonais.

« Rien n’indique que les États-Unis prévoient de se retirer d’Europe. (…) Il y a deux ans, nous avons reconnu à juste titre que le renforcement des relations entre l’Union européenne et les États-Unis devait être une priorité de la présidence polonaise [du Conseil] de l’UE », a-t-il ajouté.

Varsovie assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE) depuis janvier, et ce jusqu’à la fin du mois de juin.

Parallèlement, le président américain Donald Trump a insisté pour que les membres européens de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) consacrent au moins 5 % de leur PIB à la défense, un objectif que la Pologne est sur le point d’atteindre, avec des prévisions de dépenses de 4,7 % en 2025.

Aucune raison de s’inquiéter

Keith Kellogg est arrivé à Varsovie quelques jours seulement après la visite du nouveau secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, et le jour même où se déroulaient à Riyad les négociations entre les États-Unis et la Russie, menées par le secrétaire d’État, Marco Rubio, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

La veille, les dirigeants européens s’étaient réunis à Paris pour discuter des pourparlers de Washington avec Moscou, ainsi que de la possibilité d’une mission de maintien de la paix en Ukraine une fois le cessez-le-feu instauré. Parmi les invités figurait le Premier ministre polonais Donald Tusk (PO, PPE).

Cependant, l’Europe n’a pas été conviée aux discussions en Arabie saoudite. Selon le président polonais Andrzej Duda, cela ne devrait pas être un sujet d’inquiétude excessive, car il estime que le président américain Donald Trump est capable de gérer efficacement la situation.

« Je veux rassurer mes compatriotes, car je vois beaucoup d’anxiété dans la sphère publique. Il se peut que les dirigeants de certains pays européens soient préoccupés par l’avenir et leurs intérêts », a-t-il déclaré aux médias après sa rencontre avec Keith Kellogg.

« Permettez-moi de le dire ainsi : l’Amérique est entrée en jeu avec beaucoup de force pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Je connais le président Donald Trump et je sais que, lorsqu’il agit, il le fait de manière très ferme et décisive », a-t-il ajouté.

Andrzej Duda, qui est président de la Pologne depuis 2015, ne peut constitutionnellement briguer un troisième mandat lors des élections de mai. Fermement allié de Donald Trump lors de son premier mandat, il a même proposé de donner son nom à une base militaire américaine permanente en Pologne.

De son côté, le président letton Edgars Rinkēvičs s’est montré plus sceptique à l’égard des discussions entre les États-Unis et la Russie. « Ne cessez jamais de paniquer », a-t-il écrit sur X, Facebook et Bluesky, en référence évidente à la réunion de Riyad.

Lors d’un point de presse régulier mardi, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que Moscou avait exigé que l’OTAN abandonne le processus d’adhésion de l’Ukraine et se retire de la déclaration de Bucarest de 2008, dans laquelle l’alliance avait promis une future adhésion pour Kiev sans préciser de calendrier.

Sergueï Lavrov, quant à lui, a qualifié d’« inacceptable » tout déploiement de forces de l’OTAN en Ukraine, selon RBK.