Les États-Unis demandent à la Serbie de dissocier sa compagnie pétrolière nationale de la Russie

Pour éviter les sanctions américaines, la Serbie devrait supprimer complètement la propriété russe de la Compagnie nationale de pétrole de Serbie (NIS), la plus grande entreprise énergétique du pays, a déclaré le secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires européennes et eurasiennes, James O’Brien.

EURACTIV.com
Serbia agrees pipeline deal with Russia
Depuis 2008, l’entreprise publique russe Gazprom Neft et sa société mère Gazprom détiennent une participation majoritaire de 56,15 % de NIS, tandis que la Serbie en détient 29,87 %. L’année dernière, les revenus de NIS ont atteint 3,3 milliards d’euros — soit 4,5 % du PIB de la Serbie. [EPA-EFE]

Pour éviter les sanctions américaines, la Serbie devrait supprimer complètement la propriété russe de la Compagnie nationale de pétrole de Serbie (NIS), selon le secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires européennes et eurasiennes, James O’Brien.

Vendredi 10 janvier, l’administration du président américain sortant Joe Biden a imposé son plus vaste ensemble de sanctions à ce jour, visant les revenus pétroliers et gaziers de la Russie. Les sanctions visent les filiales de Gazprom dans plusieurs pays, notamment la NIS (Naftna Industrija Srbije), la plus grande entreprise énergétique de Serbie.

Depuis 2008, l’entreprise publique russe Gazprom Neft et sa société mère Gazprom détiennent une part majoritaire de 56,15 % de la NIS, tandis que la Serbie en détient 29,87 %. L’année dernière, les revenus de la NIS ont atteint 3,3 milliards d’euros — soit 4,5 % du PIB de la Serbie.

Vendredi, le président serbe Aleksandar Vučić a annoncé que la Serbie avait 45 jours pour mettre fin à la propriété russe de la NIS.

James O’Brien a clairement indiqué que le risque de sanctions américaines à l’encontre de NIS ne peut être réduit à zéro que si la propriété russe de la société est également réduite à zéro.

Pour l’américain, la Serbie a choisi la voie européenne et doit donc se concentrer sur le renforcement de ses relations avec les entreprises européennes et américaines. Les États-Unis attendent des discussions ouvertes et honnêtes sur la voie à suivre, et il est peu probable que la position américaine change sous la prochaine administration Trump, selon lui.

Commentant la possession russe de la NIS, James O’Brien a souligné l’écart entre le peu d’argent déboursé par la Russie pour l’achat, et les milliards d’euros que les Russes ont enlevés à la Serbie au cours des dernières années.

La Serbie a vendu 51 % de NIS à la société russe Gazprom en 2008 pour 400 millions d’euros, plus un investissement promis de 550 millions d’euros.

En 2022, Aleksandar Vučić avait évoqué la possibilité que la Serbie « reprenne » la NIS.

Le 5 janvier dernier, après avoir averti que des sanctions pourraient être imposées à la compagnie serbe, le président a affirmé que son pays avait l’argent nécessaire pour reprendre la société, même sans emprunter. Il a toutefois également suggéré que cela n’était pas une solution, car l’accord remplirait les coffres de la Russie.

La plupart des importations de pétrole brut de la Serbie passent par l’opérateur d’oléoducs croate Jadranski Naftovod. Si la NIS reste majoritairement détenue par Gazprom Neft, il est possible que la Serbie soit confrontée à des pénuries massives de pétrole, car le partenaire croate ne pourra plus approvisionner une société soumise à des sanctions américaines.

[Édité par Alice Bergoënd]