Les États membres tardent à adopter la Garantie pour la jeunesse

EXCLUSIF / Bruxelles va demander aux États membres de soumettre sans délai leur projet relatif à la mise en place de la Garantie pour la jeunesse. Sans quoi ils n’auront pas droit aux financements de ce programme européen. 

EURACTIV.fr
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EXCLUSIF / Bruxelles va demander aux États membres de soumettre sans délai leur projet relatif à la mise en place de la Garantie pour la jeunesse. Sans quoi ils n’auront pas droit aux financements de ce programme européen. 

D'après les projets de conclusions du sommet européen obtenus par EURACTIV, les États membres doivent soumettre sans délai leur projet de mise en œuvre de la Garantie pour la jeunesse.

Ce programme européen vise à garantir que les jeunes sans emploi reçoivent un emploi, un stage ou une formation dans les quatre mois qui suivent leur diplôme ou leur inscription au chômage (voir « Contexte »).

L'UE a dégagé six milliards d'euros de son budget pour 2014-2020 en vue de s'attaquer au chômage des jeunes dans les régions les plus touchées par ce fléau.

Un jeune Européen sur cinq est sans emploi. En Grèce et en Espagne, la moitié d'entre eux sont inactifs.

Les pays risquent de perdre de l'argent

Seuls les États membres qui ont rendu leurs projets nationaux, et qui répondent aux critères, bénéficieront des fonds, explique une source de l'UE à EURACTIV. La date butoir pour soumettre les projets tombait juste avant le sommet. La Commission devrait citer vendredi les pays retardataires, selon cette source.

L'exécutif européen estime que le coût de l'inaction serait plus élevé que celui engendré par la Garantie pour la jeunesse. Selon la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), 7,5 millions de jeunes sans emploi, sans éducation ou sans formation coûtent 150 milliards d'euros par an à l'UE si l'on prend en compte les prestations versées et la perte de production.

Selon le document de la Commission consulté par EURACTIV, seulement 11 États membres sur 28 ont soumis leur projet national. La Hongrie et la République tchèque ont envoyé une version définitive. La Croatie, la France, l'Italie, la Lituanie, le Luxembourg, la Pologne, le Portugal, la Roumanie et la Slovaquie ont quant à eux présenté une première version.

La liste est plus longue pour les pays qui n'ont pas encore envoyé leurs projets nationaux : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Irlande, Lettonie, Malte, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Slovénie.

L'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Finlande et les Pays-Bas : des cas à part

L'Autriche et la Finlande enregistrent de bons résultats dans la lutte contre le chômage des jeunes. Leur exemple est une source d'inspiration pour l'Union. Selon des études, l'Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas sont les champions dans la prévention du chômage chez les jeunes.

Paradoxalement, la Grèce, l’Espagne et la Bulgarie n'ont pas entrepris les mesures nécessaires pour recevoir des financements européens en vue de lutter contre le chômage des jeunes. Pourtant, la Grèce est sous le joug d’un programme de sauvetage, l'Espagne enregistre les pires taux de chômage des jeunes et la Bulgarie est le pays le plus pauvre de l'UE.

La mise en œuvre de la Garantie pour la jeunesse semblerait plus difficile qu'elle n'y paraît à première vue. De nombreux États membres devront mettre en place des réformes structurelles pour ce faire. Les services publics d'emplois doivent par exemple permettre aux jeunes de recevoir des conseils appropriés à leur situation en matière d'emploi, d'enseignement et de formation.

Des réformes structurelles devront également être menées dans le domaine de l'enseignement professionnel. Certains États membres doivent faire en sorte que les jeunes acquièrent les compétences en fonction des attentes des employeurs. À cet égard, les syndicats, les organisations d'employeur, les établissements professionnels et les pouvoirs publics ont un rôle à jouer et doivent montrer leur capacité à agir.