Les États membres n’ont « aucun intérêt » à moderniser la législation électorale de l’UE, selon un eurodéputé
Les gouvernements de l’UE n’ont aucun intérêt à faire avancer la mise à jour de la loi électorale de l’UE, car la « mise à jour de la démocratie » ne figure pas parmi leurs priorités, a déclaré à la presse mardi un eurodéputé allemand.
Les gouvernements de l’UE n’ont aucun intérêt à faire avancer la mise à jour de la loi électorale de l’UE, car la « mise à jour de la démocratie » ne figure pas parmi leurs priorités, a déclaré à la presse mardi (14 février) l’eurodéputé allemand Damian Boeselager.
Le rapport de M. Boeselager, député écologiste, visant à réformer le processus électoral de l’UE, a été adopté lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg.
« Je ne suis pas très enthousiaste quant à l’intérêt actuel de nos États membres pour la modernisation de notre démocratie », a déclaré M. Boeselager. Selon lui, cette tendance est « très dangereuse » pour la démocratie européenne.
Le projet de législation en question a pour objectif de donner le droit de vote à 11 millions de résidents en dehors de l’UE, ainsi que d’autres mesures visant à rendre le processus électoral plus inclusif.
Le Parlement a également appelé à l’abolition des dispositions dites de « dérogation », qui « permettent à un État membre de restreindre les droits électoraux des ressortissants d’autres pays de l’UE lorsqu’ils représentent plus de 20 % de l’ensemble des citoyens de l’UE résidant sur son territoire », selon son communiqué de presse sur la question.
En outre, le Parlement a demandé que l’inscription sur les listes électorales soit facilitée dans les pays tiers, que de nouveaux outils d’information soient mis en place et que des règles soient créées pour garantir l’égalité des droits de vote aux personnes présentant différents types de vulnérabilité.
Toutefois, pour entrer en vigueur, la législation doit être soutenue par un vote unanime des 27 gouvernements nationaux de l’UE. M. Boeselager estime qu’il est encore temps de faire adopter le dossier par les États membres avant les prochaines élections européennes de 2024. Or il considère que les États membres font preuve d’un blocage politique à l’égard de cette « mise à jour de la démocratie ».
La même loi depuis 1979
La même frustration est partagée par l’eurodéputée polonaise Danuta Maria Hubner qui, dans un entretien vidéo avec EURACTIV, a expliqué que la loi européenne actuelle est très limitée. Elle est basée sur différentes lois nationales et est dépassée. En effet, elle applique toujours la loi introduite pour les premières élections directes au Parlement européen en 1979.
Un autre dossier prévoyant la création de listes transnationales, approuvé par les députés européens en mai 2022, est également bloqué au Conseil, selon M. Boeselager, pour les mêmes raisons politiques.