Les États membres ne sont pas tous des champions de la stratégie de Lisbonne

Alors que la stratégie de Lisbonne, cheval de bataille de la Commission, devrait être discutée au Conseil européen des 13 et 14 mars prochains, plusieurs études récentes publiées par des think tank critiquent les performances des États membres au regard des objectifs fixés par cette stratégie.

Alors que la stratégie de Lisbonne, cheval de bataille de la Commission, devrait être discutée au Conseil européen des 13 et 14 mars prochains, plusieurs études récentes publiées par des think tank critiquent les performances des États membres au regard des objectifs fixés par cette stratégie.

En bref  :

La stratégie de Lisbonne renouvelée figure au menu du Conseil européen des 13 et 14 mars, les chefs d’États et de gouvernements étant appelés à se prononcer sur les lignes directrices pour la croissance et l’emploi (Lire EURACTIV 10.03.08).

Souvent critiquée pour son manque de mise en oeuvre par les États membres de l’UE, la stratégie de Lisbonne fait l’objet de deux études récemment publiées par des think tank. Celles-ci évaluent les performances des États membres dans la mise en œuvre de cette stratégie.

La première, publiée le 10 mars par le Centre for European Reform (CER), met en évidence les disparités entre les États membres dans la poursuite des objectifs de Lisbonne.

Septième édition de ce classement – publié chaque année à la même période–, le rapport donne une note globale de C+ au processus de Lisbonne, ce que le président de la Commission, José Manuel Barroso, a qualifié « d’un peu sévère ».

L’autre rapport, moins sévère avec la stratégie de Lisbonne, « The 2008 European Growth and Jobs Monitor : Indicators of Success in the Knowledge Economy », publié par le groupe de réflexion le Conseil de Lisbonne, a été présenté, le 4 mars dernier, au président de la Commission européenne.

« Malgré une décennie de défaitisme de la part des cyniques, Lisbonne est une stratégie qui fonctionne », a déclaré le président de la Commission. Le rapport conclut en effet que, si la performance actuelle est maintenue, « l’UE à 15 est en passe d’atteindre les objectifs de l’Agenda de Lisbonne ».

Sous un titre assez évocateur – « Est-ce que la mondialisation va laisser l’Europe sur la rive ? » –, l’étude du CER classe les pays selon cinq catégories  : innovation, libéralisation, entreprise, emploi et cohésion sociale, développement durable.

Dans chacune de celles-ci, le CER donne une note globale à l’Europe et dissocie les États « héros » des « vauriens ».

La France n’obtient le titre de héros qu’une seule fois, dans la sous-catégorie « environnement pour entreprendre » ! Elle est en revanche plusieurs fois « vaurien », notamment dans la catégorie « libéralisation » ou « modernisation des systèmes sociaux ». L’étude du Conseil de Lisbonne rejoint celle du CER sur ce point, en soulignant que trois pays, dont la France, ne sont pas en bonne voie pour atteindre les objectifs de Lisbonne.

Le rapport du CER salue les bons élèves que sont  le Danemark et la Suède, tous deux plusieurs fois qualifiés de « héros » et pas une seule fois de « vaurien ». La Finlande est aussi très remarquée, notamment par l’étude du Conseil de Lisbonne, selon laquelle le pays excédera largement les objectifs de Lisbonne.

Côté mauvais élèves, l’Italie et la Pologne sont pointés du doigt par les deux études.