Les Etats membres font pression pour réviser les plans sur les renouvelables [FR]
L’Allemagne, le Royaume-Uni et la Pologne proposent de nouveaux mécanismes de flexibilité pour atteindre les objectifs en matière d’énergie renouvelable. L’Italie pour sa part suggère d’utiliser une nouvelle méthode pour calculer le potentiel des Etats en renouvelables tout en faisant pression pour obtenir une réduction de l’objectif de 10% d’utilisation des biocarburants dans l’UE.
L’Allemagne, le Royaume-Uni et la Pologne proposent de nouveaux mécanismes de flexibilité pour atteindre les objectifs en matière d’énergie renouvelable. L’Italie pour sa part suggère d’utiliser une nouvelle méthode pour calculer le potentiel des Etats en renouvelables tout en faisant pression pour obtenir une réduction de l’objectif de 10% d’utilisation des biocarburants dans l’UE.
Comme l’ont affirmé l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Pologne dans une déclaration commune pendant le Conseil Energie du 6 juin, le paquet actuel de mesures sur les renouvelables peut ne pas offrir le meilleur retour sur investissement. La Commission se fonde sur les objectifs en matière de dynamisme économique plutôt que sur la base du potentiel des pays à émettre des renouvelables rentables, ont-ils poursuivi.
Bien que les trois Etats membres ne soient pas favorables à une nouvelle méthode pour calculer leurs objectifs individuels en matière d’énergie renouvelable, ils demandent néanmoins plus de souplesse.
Leur proposition contient un mécanisme qui autoriserait les pays de l’UE à collaborer pour réaliser leurs objectifs individuels grâce à des projets communs. D’après la déclaration, deux Etats membres pourrait également combiner leurs objectifs et les pays qui atteindraient leurs objectifs devraient être capables de transférer leur excédent d’énergie renouvelable aux Etats qui prennent du retard.
Il est essentiel que les propositions des trois Etats membres ne mentionnent pas les échanges de certificats d’énergie renouvelable. Selon Oliver Schäfer, directeur politique du Conseil européen pour les énergies renouvelables (EREC), l’appui du Royaume-Uni aux projets révèle un changement important dans l’orientation politique de Londres sur la question.
M. Schäfer a déclaré que la proposition de la Commission sur l’échange des certificats de renouvelables se concrétise. Il a ajouté que la France et l’Espagne devraient également soutenir les mécanismes de flexibilité non échangeables.
Cet apparent changement politique est aussi en ligne avec les mécanismes de flexibilité soulignés dans le rapport de l’eurodéputé Claude Turmes sur les renouvelables, présenté à des collègues eurodéputés fin mai (EURACTIV 28/05/08).
Le chiffre critique
Parallèlement, l’Italie demande la révision des critères utilisés pour calculer les objectifs nationaux, qui sont actuellement définis selon le PIB national. Rome veut ajouter un critère d’émissions à la méthode de calcul, par lequel les Etats qui polluent le moins auraient également des objectifs plus faibles.
Le ministre italien au Développement économique Claudio Scajola a déclaré à la presse à Luxembourg le 6 juin que son pays proposera d’introduire le critère des émissions pro-capita, accompagné de celui lié au PIB afin de réconcilier les objectifs nationaux sur les renouvelables.
L’Autriche, le Luxembourg, Chypre et Malte soutiennent la proposition de Rome.
L’Italie insiste également pour que l’UE utilise un langage réaliste pour parler des biocarburants dans le contexte de la flambée des prix alimentaires. M. Scajola a affirmé que l’Italie invitera les ministres à revoir l’objectif sur les biocarburants afin de tenir compte de la situation actuelle au niveau international, une situation qui, selon lui, ne peut pas être ignorée.
Selon M. Schäfer, alors que l’UE s’enferme dans un débat houleux sur le maintien ou non des objectifs concernant la part des biocarburants, il est moins probable que les Etats membres décident de repenser un calcul de l’objectif concernant les énergies renouvelables.
Il a ajouté que les chiffres ne font pas l’objet d’un débat sérieux, soulignant un large consensus politique entre les pays de l’UE sur la question.
Les propositions des Etats membres, discutées en détail pendant la réunion du Conseil Energie le 6 juin en raison de la question de la libéralisation du marché énergétique au centre de la discussion, seront à présent débattues par les groupes de travail du Conseil.