Les États membres de l’UE ont réduit les ventes d’antibiotiques à usage vétérinaire

Selon un récent rapport publié par l’Agence européenne des médicaments, les ventes d’antibiotiques à usage animal ont diminué de moitié entre 2011 et 2021 et L’UE est en bonne voie pour atteindre ses objectifs.

Euractiv.com
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Le rapport annuel de la surveillance européenne de la consommation d'antibiotiques à usage vétérinaire (ESVAC) a été publié vendredi (18 novembre) et se penche sur la situation dans 31 pays européens, dont 29 États membres de l’UE/Espace économique européen (EEE). [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/pig-health-control-professional-veterinarian-white-1686903790" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK]</a>]

Selon un récent rapport publié par l’Agence européenne des médicaments (EMA), les ventes d’antibiotiques à usage animal ont pratiquement diminué de moitié entre 2011 et 2021. L’Union européenne est donc en bonne voie pour atteindre ses objectifs, mais le secteur ne doit toutefois pas relâcher ses efforts.

Le rapport annuel de la surveillance européenne de la consommation d’antibiotiques à usage vétérinaire (ESVAC) a été publié vendredi (18 novembre) et se penche sur la situation dans 31 pays européens, dont 29 États membres de l’UE/Espace économique européen (EEE).

Il en ressort que, depuis 2011, les pays européens ont « considérablement réduit » les ventes d’antibiotiques vétérinaires chez les animaux.

Pour les 25 pays qui ont fourni des séries de données en continu, les ventes globales d’antibiotiques vétérinaires ont diminué de 47 % entre 2011 et 2021 — soit la valeur la plus faible jamais rapportée.

Parallèlement, en seulement trois ans, entre 2018 et 2021, les 27 États membres de l’UE visés par le rapport ont déjà atteint une réduction de 18 %, soit environ un tiers de l’objectif fixé dans la politique alimentaire phare de l’UE, la stratégie « de la ferme à la table » (Farm to Fork).

Cette stratégie vise à réduire de moitié les ventes de ces médicaments essentiels d’ici à 2030 afin de freiner la propagation de la résistance aux antimicrobiens (RAM), causée par l’utilisation généralisée des antibiotiques, tant en médecine humaine que vétérinaire.

En conséquence, les antibiotiques sont de plus en plus inefficaces contre les infections et rendent les plus courantes d’entre elles impossibles à traiter.

Les infections bactériennes résistantes sont à elles seules associées à près de cinq millions de décès par an dans le monde, dont environ 1,3 million directement attribués aux superbactéries résistantes, ce qui a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à classer la RAM parmi les dix plus grandes menaces au niveau mondial.

Le rapport de l’EMA a également révélé que les ventes de classes d’antibiotiques considérées comme essentielles en médecine humaine — qui nécessitent donc une utilisation prudente dans l’élevage — ont également diminué de façon notable entre 2011 et 2021, ne représentant que 5,5 % des ventes totales en 2021.

Si cette tendance à la baisse se poursuit au cours des huit années restantes, les États membres pourraient donc atteindre l’objectif de réduction des antibiotiques fixé pour 2030, conclut le rapport.

Pour Ivo Claassen, chef de la division des médicaments vétérinaires de l’EMA, ce succès peut être attribué à un effort concerté de l’industrie agroalimentaire.

« Les résultats positifs reflètent les efforts des vétérinaires, des agriculteurs et de l’industrie pharmaceutique pour réduire l’utilisation des antibiotiques afin de prévenir la résistance aux antimicrobiens », a-t-il déclaré.

Pour M. Claassen, cela signifie également que les initiatives politiques de l’UE et les campagnes nationales visant à promouvoir l’utilisation prudente des antibiotiques chez les animaux ont des « effets positifs ».

Il ne faut pas relâcher les efforts

Toutefois, le rapport a également mis en garde contre le fait que le rythme de la baisse des ventes des antibiotiques à usage vétérinaire semble avoir ralenti depuis 2017.

À ce titre, « les efforts visant à soutenir cette tendance à la baisse doivent être maintenus et renforcés » afin d’atteindre l’objectif de 50 %, prévient le rapport, qui souligne l’importance de la poursuite de la déclaration volontaire des données sur les ventes d’antibiotiques vétérinaires par les pays européens.

Cependant, pour Roxanne Feller, secrétaire générale d’AnimalhealthEurope, qui représente les fabricants de médicaments pour animaux, cette tendance peut témoigner d’une « utilisation optimale » des antibiotiques dans lequel la prévention est optimisée, mais où les antibiotiques restent « nécessaires pour le traitement des maladies bactériennes » qui surviennent malgré tout dans les exploitations.

« Nous devons garder à l’esprit que toutes les maladies ne peuvent être évitées », a-t-elle indiqué avant d’ajouter que les antibiotiques « restent le seul moyen de traiter les maladies bactériennes tant chez les animaux que chez les humains ».

« Nous devons poursuivre nos efforts pour augmenter les mesures préventives et améliorer l’élevage des animaux, mais cibler les réductions des ventes d’antibiotiques pour les animaux ne suffira pas à atteindre les objectifs des politiques et des plans d’action de l’UE pour lutter contre la RAM », a-t-elle confié à EURACTIV.

L’EMA publiera le dernier rapport ESVAC contenant les données de 2022 soumises sur une base volontaire par les pays participants en 2023.

Parallèlement, l’agence publiera également une nouvelle série de rapports annuels contenant des données sur les ventes d’antimicrobiens vétérinaires et sur l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux à partir de 2025 avec les données de 2023.