Les États membres avancent vers l'autorisation des OGM
Les États membres ont trouvé un compromis « à la carte » autorisant la culture des OGM en Europe. Mais les États membres garderont la main sur les autorisations de culture au niveau national.
Les États membres ont trouvé un compromis « à la carte » autorisant la culture des OGM en Europe. Mais les États membres garderont la main sur les autorisations de culture au niveau national.
Un compromis sur la culture des OGM en Europe s'est dégagé à l'issue d'une réunion des ministres européens de l'environnement sur l'épineux sujet le 4 mars.
La Commission européenne et l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) continueront à effectuer des évaluations sur les cultures génétiquement modifiées. Si l'OGM est « considéré comme sûr », les États membres restent libres d'interdire ou non cette variété pour d'autres raisons que celles liées à l'environnement et à la santé, comme l'urbanisme, l'aménagement rural ou l'impact socio-économique, a expliqué Tonio Borg, le commissaire européen en charge de la santé.
Si une variété spécifique était jugée dangereuse pour la santé au niveau européen, aucun État membre ne pourrait approuver sa culture.
La France marginalisée
Ce système « à la carte » a recueilli le soutien d'une majorité d'États membres, marginalisant une proposition française visant à renationaliser les autorisations d'OGM.
À l'occasion du débat, la France a en effet proposé une autre solution à ses partenaires basée sur une autorisation à deux niveaux. Un mécanisme jugé « plus solide que le système dérogatoire » par le ministre français de l'environnement, Philippe Martin. Ce système permettait de déléguer aux États membres la décision d'autorisation ou de refus de la mise en culture d'OGM au niveau national, après l'émission d'un avis favorable au niveau européen.
Les ministres n'étaient pas parvenus à trouver un accord sur la culture de la variété de maïs transgénique Pioneer 1507 le mois dernier, ce qui signifiait que la Commission devait entériner d’office le texte. 12 des 19 ministres qui avaient rejeté l'OGM ont envoyé une lettre à la Commission pour lui demander de retirer la proposition.
>> Regardez notre vidéo en français sur le sujet ici
La présidence grecque a tenté de trouver une issue à l'impasse en rédigeant le texte de compromis, semblable à la proposition de la Commission en 2010. L'exécutif européen avait alors décidé d'octroyer aux États membres le droit d'interdire les récoltes sur leur territoire.
Le 3 mars, la plupart des ministres européens de l'Environnement, réunis à Bruxelles, ont réagi favorablement à la proposition grecque, l'Allemagne aussi. L'abstention de Berlin lors du vote sur le Pioneer 1507 a empêché de conclure un accord au sein du Conseil.
Certains ministres européens craignaient que la renationalisation des décisions sur les OGM aille à l'encontre des principes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Tonio Borg a déclaré que des conseillers juridiques européens ont examiné la proposition grecque et, selon eux, elle est fondée sur le plan juridique. Il a également mis en garde contre des retards dans le processus de prise de décision.
« Il semble que la majorité [des États membres] souhaite avancer. Je pense que c'est la bonne décision », a conclu le commissaire à la santé.