Les enfants européens toujours exposés aux risques de l'Internet

Seulement 14 % des Européens utilisent un logiciel de filtrage web pour éviter que leurs enfants n'accèdent à des sites inappropriés, en dépit des millions d'euros dépensés par la Commission européenne pour mener des campagnes de sensibilisation au cours des dix dernières années.

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Seulement 14 % des Européens utilisent un logiciel de filtrage web pour éviter que leurs enfants n'accèdent à des sites inappropriés, en dépit des millions d'euros dépensés par la Commission européenne pour mener des campagnes de sensibilisation au cours des dix dernières années.

Alors que le nombre d'enfants qui utilisent l'Internet est en pleine croissance, les parents ne semblent pas suivre cette tendance et la plupart d'entre eux n'installent pas de logiciels de sécurité appropriés afin d'empêcher leurs enfants de faire des expériences malheureuses sur la toile.

Il s'agit des résultats de deux enquêtes complémentaires publiées en amont de la Journée pour un Internet plus sûr en 2011 qui est célébrée aujourd'hui (8 février) dans près de 70 pays à travers le monde.

Seuls 14 % des répondants dans l'UE ont affirmé avoir installé un contrôle parental ou un logiciel de filtrage web pour protéger leurs enfants. Ce pourcentage chute à 10 % dans les pays d'Europe du sud et de l'est, selon le sondage réalisé par Eurostat au deuxième trimestre de 2010.

En Bulgarie, seuls 2 % des personnes interrogées avaient installé des outils préventifs. En Roumanie et en Slovaquie ce pourcentage s'élevait à 3 % et en Italie et en Lettonie, à 4 %.

Le manque de protection des enfants est partiellement compensé par le fait que seuls 5 % des répondants ont affirmé que leurs enfants s'adonnaient à des activités réellement dangereuses sur le net. Toutefois, ce chiffre sous-estimerait le phénomène dans la mesure où tous les abus ne sont bien évidemment pas rapportés.

Le harcèlement sur la toile, l'accès à des contenus violents et sexuels, les vols qualifiés ou les contacts avec des adultes ayant de mauvaises intentions ne sont que quelques risques auxquels les enfants peuvent être confrontés en surfant sur Internet.

Ces dangers sont inévitablement en pleine expansion, de même que le nombre de jeunes qui ont accès à Internet.

Un tiers des enfants européens entre 9 et 10 ans vont sur Internet quotidiennement. Ce chiffre grimpe à 80 % pour les jeunes de 15 et 16 ans, selon l'enquête récemment publiée par la London School of Economics (LES).

59 % des enfants européens ont un profil sur des sites de réseaux sociaux comme Facebook ou MySpace, avec un pic de plus de 70 % dans des Etats comme les Pays-Bas, le Danemark, la République tchèque, la Pologne et l'Estonie.

Néanmoins, près de la moitié de ces enfants ont admis qu'ils n'avaient aucune idée de la manière dont ils pouvaient changer les paramètres de confidentialité sur leurs profils. Ce pourcentage est encore plus élevé parmi les jeunes enfants. Seul un tiers des enfants âgés de 11 et 12 ans ont affirmé savoir comment effectuer cette opération de base.

L'« analphabétisme numérique » des parents

La Commission européenne a injecté beaucoup d'argent dans des campagnes de sensibilisation adressées au parents et aux enseignants qui peinent souvent à détecter les risques cachés de l'Internet ou sont tout simplement incapables de les éviter à cause de leur analphabétisme numérique, qui devient sérieusement problématique.

55 millions d'euros ont été investis par l'exécutif de l'UE dans des projets visant à rendre l'Internet plus sûr pour les enfants, mais les résultats concrets se font encore attendre. En outre, une agence de l'UE, l'ENISA, a été créée avec l'objectif d'améliorer la sécurité des réseaux d'information avec un budget annuel s'élevant à environ 8 millions d'euros pour 2010 et 2011.

Toutefois, les chiffres d'Eurostat révèlent que près d'un tiers des Européens ont dû faire face à des virus ou à d'autres « infections informatiques » entre 2009 et 2010, malgré le fait que plus de quatre Européens sur cinq utilisent un logiciel de protection.

Autres actions possibles

De nouvelles initiatives législatives devraient voir le jour au cours des prochains mois pour rendre l'Internet plus sûr et afin que les enfants puissent surfer sans problème, mais aussi pour que davantage d'adultes puissent faire leurs achats et effectuer leurs formalités administratives en ligne.

La commissaire en charge de l'agenda numérique, Neelie Kroes, tentera d'améliorer la protection des enfants lorsqu'ils utilisent les médias et les jeux vidéos.

La commissaire européenne chargée de la justice, Viviane Reding, prévoit de revoir d'ici l'été la directive européenne sur la protection des données. La révision de cette législation obsolète devrait introduire une sorte de « droit à l'oubli » pour les internautes dans le cadre législatif européen.

Les personnes qui souhaitent effacer leurs profils personnels sur les réseaux sociaux devraient pouvoir le faire, ce qui n'est pas souvent le cas aujourd'hui. Cette révision concernera aussi les publicités comportementales que les moteurs de recherche vendent aux annonceurs et qui sont basées sur un profil détaillé reprenant les habitudes des utilisateurs.

La commissaire européenne chargé des affaires intérieures, Cecilia Malmström, essaye de lutter contre la pornographie juvénile. Elle a présenté des projets de proposition en avril 2010 qui interdiraient l'accès aux sites qui contiennent de la pornographie juvénile, une idée à laquelle le gouvernement allemand a déjà dit qu'il s'opposerait.