Les employeurs allemands inquiets face à une réforme jugée trop laxiste des allocations chômage
La proposition de la coalition au pouvoir en Allemagne visant à remanier le système d’allocations de chômage a suscité un vif débat, le parti conservateur CDU et les associations d’employeurs mettant en garde contre des allocations proposées trop élevées qui n’inciteraient pas au travail.
La proposition de la coalition allemande visant à remanier le système d’allocations de chômage a suscité un vif débat, le parti conservateur CDU et les associations d’employeurs mettant en garde contre des allocations proposées trop élevées qui n’inciteraient pas au travail.
Cette proposition, qui était l’une des principales promesses de la coalition au pouvoir l’année dernière, prévoit une augmentation des allocations mensuelles, qui passeraient de 449 euros actuellement à 503 euros par personne et par mois. Ces prestations s’ajouteraient à la couverture des frais de loyer, de chauffage, de soins de santé et de certaines autres contributions en nature.
« Je suis très inquiet pour le milieu des entreprises », a confié le chef de l’association des employeurs allemands, Rainer Dulgersaid, lors d’un événement organisé lundi (21 novembre) à Berlin, faisant référence à des pénuries de main-d’œuvre ainsi qu’à des réglementations plus strictes sur les conditions de travail, qui, selon lui, pèseraient sur les entreprises en plus de la crise énergétique. Il estime également que les propositions risquent de saper les incitations à travailler.
Si elle est menée à bien, la réforme constituera le plus grand remaniement du système d’allocations de chômage depuis 2005, année où l’administration de Gerhard Schröder a lancé une vaste réforme de libéralisation du marché.
La proposition réduit également la conditionnalité pour les bénéficiaires, ce qui permet de conserver davantage de biens sans qu’ils soient soustraits des allocations de chômage mensuelles.
L’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (Christlich Demokratische Union Deutschlands, CDU), parti conservateur se trouvant actuellement dans l’opposition, a également vivement critiqué la proposition et pourrait même finir par la bloquer étant donné qu’il détient suffisamment de sièges au Bundesrat, la deuxième chambre législative allemande représentant les gouvernements des États fédérés (les Länder).
Mercredi (23 novembre), des représentants du gouvernement rencontreront des responsables politiques de la CDU, afin de trouver un compromis. Les négociations porteront sur « la bonne manière d’inciter à retourner sur le marché du travail », a indiqué Friedrich Merz, chef de file de la CDU.
Avant les pourparlers, le ministre allemand du Travail, Hubertus Heil, s’est montré prêt à faire des compromis, notamment sur le montant de l’épargne qu’il est possible de conserver tout en percevant des allocations de chômage. « Nous ne sommes pas tous dogmatiques à ce sujet », a-t-il affirmé lundi.