Les émissions mondiales devraient reculer pour la première fois, mais le rythme reste insuffisant, estime l’ONU
Les engagements pris par les gouvernements pour la prochaine décennie devraient, pour la première fois, conduire à une baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C’est ce qu’a annoncé mardi 28 octobre l’organisme des Nations unies chargé du changement climatique, qui déplore toutefois une réduction trop lente pour permettre de respecter les objectifs fixés par l’accord de Paris.
En 2035, les émissions mondiales devraient baisser de 10 % par rapport aux niveaux de 2019, a fait savoir le secrétaire général de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Simon Stiell, dans un communiqué. Mais le rythme de réduction n’est « pas assez rapide » pour respecter les limites climatiques de la planète, a-t-il ajouté.
Pour contenir le réchauffement climatique à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels — l’objectif central de l’accord de Paris de 2015 —, les émissions mondiales de 2019 devraient en réalité chuter de 60 % d’ici 2035. Même pour rester sous le seuil des 2 °C, elles devraient baisser d’au moins 35 % sur la prochaine décennie.
Le recul de 10 % prévu à ce stade reste donc largement insuffisant. Par ailleurs, ce chiffre tient compte d’au moins une hypothèse optimiste concernant l’évolution de la situation aux États-Unis.
L’administration Biden s’était engagée à réduire les émissions d’au moins 61 % d’ici 2035 par rapport aux niveaux d’il y a trois décennies, mais à son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a rapidement décidé de se retirer de l’effort mondial en relançant un programme anti-écologique.
Les États-Unis quitteront officiellement l’accord de Paris en janvier, mais Washington n’est pas seul à inquiéter les responsables de la CCNUCC.
Seul un tiers environ des quelque 200 signataires de l’accord de Paris ont présenté leurs engagements climatiques officiels avant la date limite de septembre, qui avait déjà été prolongée. Les principaux émetteurs, tels que la Chine et l’Inde, font notamment partie des retardataires.
L’UE, qui se présente comme le leader mondial de l’action climatique, n’a pas encore soumis sa « contribution déterminée au niveau national » non plus.
Les prévisions de réduction des émissions de 10 % de l’ONU sont basées à la fois sur les engagements officiels et les déclarations que faites par l’UE et les pays lors du sommet sur le climat qui s’est tenu à New York le mois dernier.
L’analyse par l’ONU des 64 engagements qui ont été soumis dans les délais a été publiée ce mardi et révèle que ces pays, y compris les États-Unis, devraient réduire leurs émissions de 17 % au total par rapport aux niveaux de 2019.
Une analyse plus complète est attendue lorsque davantage de gouvernements auront déposé leurs engagements avant le prochain cycle de négociations sur le climat lors du sommet de la COP30 qui se tient à partir du 10 novembre à Belém, au Brésil.
Une opportunité « monumentale »
Selon Simon Stiell, la COP30 devrait montrer que le monde est toujours prêt à coopérer pour accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à « relier l’action climatique à la vie des gens » et à garantir que « chacun profite de ses immenses avantages ».
Il a déclaré que les opportunités offertes par l’action climatique étaient « monumentales », car elle « apparaît comme le moteur de la croissance économique et de l’emploi du XXIe siècle ».
« Nous sommes toujours dans la course, mais pour garantir une planète viable pour les huit milliards d’individus qui la peuplent aujourd’hui, nous devons de toute urgence accélérer le rythme, lors de la COP30 et chaque année par la suite », a-t-il conclu.