Les Émirats et l’IRENA veulent tripler la capacité mondiale d’énergies renouvelables d’ici 2030

En amont de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et la société d’énergie propre Masdar des Émirats arabes unis se sont associées pour tripler la capacité mondiale d’énergies renouvelables d’ici à 2030.

Euractiv.com
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« Le monde doit s’engager à tripler la capacité mondiale en matière d’énergies renouvelables d’ici 2030 et à la doubler à nouveau d’ici 2040 », a déclaré le Sultan Ahmed Al Jaber, président de Masdar qui présidera également la COP 28 qui se tiendra à Dubaï, aux Émirats arabes unis, du 30 novembre au 12 décembre. [<a href="https://epaimages.com/search.pp?flush=1&multikeyword=solar%20farm&startdate=&enddate=&autocomplete_City=&metadatafield5=&autocomplete_Country=&metadatafield44=" target="_blank" rel="noopener">EPA-EFE/Neil Hall</a>]

En amont de la prochaine conférence annuelle des Nations unies sur le climat (COP28) qui aura lieu à Dubaï en fin d’année, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et la société d’énergie propre Masdar des Émirats arabes unis se sont associées pour tripler la capacité mondiale d’énergies renouvelables d’ici à 2030.

Les deux parties ont signé un protocole d’accord jeudi dernier (11 mai), mettant en place un projet visant à identifier les facteurs qui ralentissent le déploiement des énergies renouvelables dans les différentes régions et à formuler des recommandations avant la COP28.

« Le monde doit s’engager à tripler la capacité mondiale en matière d’énergies renouvelables d’ici 2030 et à la doubler à nouveau d’ici 2040 », a déclaré le Sultan Ahmed Al Jaber, président de Masdar qui présidera également la COP28 qui se tiendra à Dubaï, aux Émirats arabes unis, du 30 novembre au 12 décembre.

« Ce projet de recherche commun avec l’IRENA soulignera le rôle vital des énergies renouvelables dans la limitation du réchauffement climatique lorsque le monde se réunira à l’occasion de la COP28 », a-t-il ajouté.

Selon l’IRENA, les énergies renouvelables représentent 40 % de la capacité de production installée dans le monde. Cependant, alors que les pays déploient de plus en plus d’énergies renouvelables, notamment en ajoutant un chiffre record de 300 gigawatts (GW) supplémentaires en 2022, le monde doit agir plus rapidement pour réduire les émissions et éviter un changement climatique drastique.

La COP28 sera précédée du premier Bilan mondial, qui vise à déterminer si le monde est sur la bonne voie pour prévenir un changement climatique radical.

Pour Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA, « la transition énergétique n’est pas sur la bonne voie ».

En effet, selon les perspectives de la transition énergétique mondiale (World Energy Transitions Outlook) de l’IRENA « le déploiement des énergies renouvelables doit atteindre 1 000 GW par an pour que l’objectif de 1,5 °C puisse être atteint », explique M. La Camera.

« La transition vers les énergies renouvelables offre une solution durable et abordable à de nombreux défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, et nous disposons de la technologie nécessaire pour les déployer rapidement et à grande échelle », a-t-il ajouté.

L’UE va se concentrer sur la réduction des émissions

Il reste à voir si l’idée sera soutenue par l’Union européenne, qui s’est déjà fixé un objectif de 42,5 % d’énergies renouvelables dans son bouquet énergétique d’ici 2030.

À l’approche de la COP28, la priorité de l’UE est la réduction des émissions, et Bruxelles ne veut pas risquer que cet objectif soit compromis par un objectif en matière d’énergies renouvelables.

Interrogé pour savoir si l’UE soutiendrait cette initiative, un fonctionnaire de la Commission a répondu à EURACTIV qu’« un objectif global en matière d’énergies renouvelables, aussi bon soit-il, ne devrait pas détourner l’attention de la nécessité de réduire rapidement et sans relâche les combustibles fossiles ».

« Un objectif global en matière d’énergies renouvelables lors de la COP28 devrait être lié à l’élimination progressive des combustibles fossiles », a-t-il ajouté, affirmant que l’UE prendrait en compte différentes initiatives mais qu’elle ne devrait pas choisir entre les énergies renouvelables et les réductions d’émissions.

Il est clair que Bruxelles souhaite que la COP28 se concentre sur les réductions des principaux émetteurs, en particulier les pays du G20.

« Nous n’atteindrons jamais nos objectifs si nous ne faisons rien de plus en matière d’atténuation. Nous devons réduire nos émissions de toute urgence », a déclaré Frans Timmermans, le commissaire européen au Climat, lors du dialogue de Petersberg.

« Si nous ne faisons pas davantage en matière d’atténuation, tout ce que nous ferons en matière de financement, d’adaptation et de pertes et dommages ne sera pas à la hauteur de nos besoins », a-t-il ajouté.

Le président de la COP soutient « toutes les sources d’énergie »

Certains s’inquiètent déjà du manque de pression de la part de la présidence de la COP en ce qui concerne l’élimination progressive des combustibles fossiles.

Au début du mois, le Financial Times a rapporté que les ministres de l’Environnement, dont l’Allemande Annalena Baerbock et le Danois Dan Jørgensen, étaient en désaccord avec la présidence de la COP sur l’utilisation à long terme des combustibles fossiles couplée au captage du carbone pour éliminer les émissions.

Le Sultan Al Jaber a insisté sur ce point lors du dialogue de Petersberg à Berlin. Il a déclaré que le monde devrait conserver « toutes les sources d’énergie » et réduire les émissions en utilisant le captage et le stockage du carbone, une technologie qui n’a pas encore été déployée à grande échelle.

Au début de l’année, certains s’inquiétaient déjà de la nomination de Ahmed Al Jaber. En plus de diriger Masdar et d’être ministre de l’Industrie et des Technologies avancées, M. Al Jaber dirige la compagnie pétrolière nationale d’Abou Dhabi. À l’époque, l’Union européenne lui avait apporté son soutien.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]