Les élections serbes s’achèvent avec un taux de participation plus élevé qu’en 2020

Les citoyens serbes ont voté pour le président de l’État et les 250 membres du parlement ce dimanche 3 avril et le taux de participation à ces élections devrait être plus élevé que lors des élections législatives de 2020.

betabriefing.com / EURACTIV Serbie
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Le vote dans les 8 267 bureaux de vote où 6 502 307 citoyens du pays avaient le droit de voter s’est terminé à 20 heures ce dimanche 3 avril. [Shutterstock/rawf8]

Les citoyens serbes ont voté pour élire le président de l’État et les 250 membres du parlement ce dimanche 3 avril et le taux de participation à ces élections devrait être plus élevé que lors des élections législatives de 2020.

Le vote dans les 8 267 bureaux de vote où 6 502 307 citoyens du pays avaient le droit de voter s’est terminé à 20 heures ce dimanche 3 avril.

Les élections pour les assemblées de Belgrade, de Bor et de 12 municipalités de Serbie ont également eu lieu le même jour.

Les missions d’observation indépendantes et les partis d’opposition ont signalé de nombreuses irrégularités lors du scrutin, telles que des pots-de-vin, la manipulation des bulletins de vote et des violations du secret du vote.

Selon la Commission électorale de la République, le taux de participation à 18 heures était de 50,82 %. La Commission a déclaré que le taux de participation global pourrait se situer entre 58 % et 60 %, ce qui est beaucoup plus élevé que les 48,8 % des élections parlementaires de 2020. Toutefois, chose inédite pour des élections en Serbie, la Commission a indiqué dimanche soir qu’elle n’annoncerait pas le taux de participation ou tout résultat partiel avant lundi (4 avril).

Les élections ont été suivies par plus de 4 000 observateurs des organisations non gouvernementales nationales CRTA et CeSID, de la délégation du Parlement européen, du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE et du réseau européen des organisations de surveillance des élections (ENEMO).

19 listes ont participé aux élections parlementaires. Parmi eux, on retrouve huit groupes de minorités nationales pour lesquels le seuil électoral d’entrée au Parlement ne s’applique pas. Les 11 autres groupes doivent quant à eux obtenir au moins 3 % des voix pour entrer au Parlement. Dix groupes ont au moins une chance minimale de franchir le seuil électoral.

Parmi les dix groupes non minoritaires concernés, deux coalitions sont dirigées par les partis les plus puissants du bloc au pouvoir, le Parti progressiste serbe (SNS) du président serbe Aleksandar Vucic et le Parti socialiste de Serbie (SPS) d’Ivica Dacic. Seules ces deux coalitions devraient franchir le seuil électoral.

Trois groupes d’opposition peuvent être qualifiés de pro-européens. Premièrement, il y a la principale coalition d’opposition appelée Serbie unie, dirigée par le parti Liberté et justice de Dragan Djilas et le Parti populaire de Vuk Jeremic. La deuxième coalition pro-européenne est l’alliance Let’s Go, People réunie autour du parti social-démocrate, dirigé par l’ancien président serbe Boris Tadic, tandis que la troisième est la coalition est composée du parti écologiste de gauche We Must (Nous devons).

Les cinq autres groupes concernés sont des nationalistes et des populistes de droite ou d’extrême droite. Ces partis sont très anti-UE et pro-russes.

Comme pour l’élection présidentielle, il n’y a pas d’incertitude non plus pour l’élection générale, où l’on s’attend à une victoire incontestable de la majorité au pouvoir rassemblée autour du chef de l’État Aleksandar Vucic.

Quant aux huit candidats à la présidence, ils ne sont également que trois à soutenir ouvertement l’intégration de la Serbie à l’Europe. Outre le président sortant M. Vucic, il s’agit du candidat de la coalition Serbie unie, de l’ancien général et chef d’état-major Zdravko Ponos, et de Biljana Stojkovic de la coalition We must. Cependant, tous sont, du moins pour le moment, contre l’adhésion de la Serbie à l’OTAN et contre l’indépendance du Kosovo.

Douze candidats se présentent à l’élection de Belgrade, qui est jugée très importante puisque près d’un tiers de la population serbe vit dans la capitale — à savoir deux millions sur moins de sept millions d’habitants.

La campagne électorale a été largement affectée par la guerre en Ukraine et les conséquences économiques de la crise qui en résultent. Cela aura probablement une incidence sur le résultat des élections, car certains thèmes, tels que l’environnement ou l’état de la démocratie et de l’État de droit, perdent en général de leur importance aux yeux des électeurs en temps de crise.