Les élections législatives anticipées en Allemagne pourraient renforcer la position de Blair [FR]

En demandant au Bundestag de voter sa propre dissolution, ce vendredi 1er juin, le chancelier allemand Gerhard Schröder prend un pari risqué. Grands favoris des futures élections législatives anticipées, les chrétiens-démocrates pourraient entraîner l'Allemagne sur la voie d'un rapprochement avec le Royaume-Uni, notamment sur les dossiers de la politique agricole et des relations transatlantiques.  

En demandant au Bundestag de voter sa propre dissolution, ce vendredi 1er juin, le chancelier allemand Gerhard Schröder prend un pari risqué. Grands favoris des futures élections législatives anticipées, les chrétiens-démocrates pourraient entraîner l’Allemagne sur la voie d’un rapprochement avec le Royaume-Uni, notamment sur les dossiers de la politique agricole et des relations transatlantiques.
 

Le chancelier Schröder a demandé au Bundestag (où la coalition SPD-Verts dispose de la majorité des sièges) de voter la défiance à l’égard de son gouvernement, afin de pouvoir obtenir du président de la République fédérale, Horst Köhler, qu’il prononce la dissolution de la chambre basse du Parlement allemand. Cette manoeuvre – dénoncée par plusieurs membres de la coalition gouvernementale, qui ont annoncé leur intention de saisir la Cour constitutionnelle allemande – est destinée à permettre la tenue d’élections législatives anticipées, lesquelles pourraient avoir lieu dès le 18 septembre prochain. 

Les plans de Gerhard Schröder sont encore susceptibles d’être contrariées par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, dont les juges pourraient considérer que le gouvernement dispose d’une majorité suffisante au Parlement pour pouvoir continuer à conduire les affaires du pays. Pour éviter d’apporter du crédit à une telle interprétation, le gouvernement Schröder est allé jusqu’à retirer, il ya quelques jours, deux propositions de loi dont l’adoption par le parlement paraissait acquise. 

 

En cas de succès du tour de passe-passe de Gerhard Schröder, les prochaines élections législatives pourraient constituer un tournant décisif dans l’histoire récente de l’Allemagne, notamment sur le plan diplomatique. Les chrétiens-démocrates, grands favoris du scrutin, sont beaucoup plus atlantistes que l’actuelle coalition au pouvoir, mais aussi plus proches des positions défendues par le Royaume-Uni dans le débat actuel sur le budget de l’Union européenne. Selon plusieurs spécialistes des questions européennes, un gouvernement contrôlé par la CDU/CSU (et bénéficiant très certainement du renfort des libéraux du FDP) se montrerait en outre davantage résolu à mettre en oeuvre les réformes socio-économiques prévues dans le cadre de l’agenda de Lisbonne.