Les élections européennes, un test pour Beppe Grillo et Matteo Renzi

Les élections européennes de cette semaine devraient redistribuer les cartes entre le président du Conseil des ministres italien, Matteo Renzi, et le mouvement non établi du comique Beppe Grillo.

EURACTIV.fr / Reuters
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Les élections européennes de cette semaine devraient redistribuer les cartes entre le président du Conseil des ministres italien, Matteo Renzi, et le mouvement non établi du comique Beppe Grillo.

Le scrutin de 25 mai sera un baptème du feu pour Matteo Renzi, qui, à 39 ans, arrivé au pouvoir depuis février.

Ce vote prouvera la légitimité de Renzi et sa capacité à gérer un électorat qui souffre de la récession, du chômage et de la corruption.

S’il réussit, il aura une vrai mandat des électeurs pour réaliser les réformes économiques et constitutionnelles ambitieuses qu’il a promises. S’il échoue, ses promesses de ressuciter l’économie italienne seront exposées aux attaques innombrables de ses rivaux, à l’intérieur ou hors de son parti démocratique centre-gauche (PD).

Mais l’équilibre des forces en présence avec lequel il tente de gouverner depuis sa prise de pouvoir est précaire.

« Ces élections sont très important pour Renzi. C’est une épreuve pour lui et il le sait » – explique un des ministres de son cabinet. « Il est plein de bonne volonté, mais même lui ne peut sauver l’Italie de cette situation de paralysie où elle se trouve ».  

En outre, un sondage de pré élections de la semaine dernière montre que le parti de Renzi est en tête de ses rivaux avec un pourcentage d’environ 34.8% avant le Mouvement de 5 étoiles de Grillo avec 24% et les 19 % du parti de Berlusconi Forza Italia.

Mais Beppe Grillo a surpris ses adversaires aux élections générales de l’année dernière en gagnant 25 % des votes. Pour cela certains croient qu’il va se présenter mieux que les sondages illustrent.

Un scandale de corruption à Milan Expo 2015 impliquant des politiciens liés avec PD et Forza Italia et deux autres cas de mafia avec les plus proches associés de Berlusconi a donné à Grillo un regain d’intentions de votes.      

Grillo, qui veut rejeter les règles du budget de l’Union européenne et faire un référendum sur l’affiliation de l’Italie dans la zone euro, a prédit que son parti remporterait les élections. Dans ce cas, il demandera au Président Giorgio Napolitano de remplacer la coalition de Renzi.

« Les figures principales dans ces élections seront Renzi et Grillo » a dit Maurizio Pessato, chef de Sovereign Welth Fund Institute. Pour lui, l’enjeu principal du scrutin repose sur le Mouvement 5 étoiles.

« Si le Mouvement ne réussit pas à être premier, ce serait une défaite pour Grillo même s’il remoirte 25% des suffrages. Mais s’il gagne plus de 26-27 %, c’est une autre chose. Cela veut dire que le PD est affaibli. » – constate Pessato.

Des nouvelles élections à l’approche

Pour l’instant, malgré des annonces ambitieuses en matière de baisse des taxes, de réformes du marché du travail et du système de gouvernance, Matteo Renzi peine à tenir ses promesses, confronté à des dissidences au sein de son propre parti et de la coalition du gouvernement.

Le mandat de Matteo Renzi court normalement  jusqu’au 2018, mais des élections pourraient se profiler plus rapidement – soit à la fin de cette année, soit au début de l’année prochaine, selon les résultats du scrutin européen.

Les élections européennes vont redistribuer les cartes entre les différents partis politiques en Italie, et seront l’occasion de confirmer ou d’infirmer la majorité en place, qui s’appuie sur  l’allégeance du parti de centre droite.  

A l’approche du scrutin, Matteo Renzi a désigné Beppe Grillo comme son rival le plus dangereux. Pour le président du Conseil, le vote des italiens devra trancher entre la réforme qu’il propose et les manifestations aveugles menées par Beppe Grillo, qui ramèneront l’Italie à la situation de 2011.

« Nous allons préserver le pays des prophètes et  des défaitistes. Si le gouvernement réussit, l’Italie va réussir et si l’Italie réussit, la confiance d’Europe sera restituée. »  a dit le premier ministre lors d’une réunion de campagne électorale samedi dernier.

La bataille entre les deux candidats principaux a même réussi l’exploit de détourner l’attention des médias de Silvio Berlusconi, dont le parcours a dominé la politique italienne au cours des 20 dernières années.

De son côté, le « Cavaliere » semble avoir perdu l’espoir de mener une campagne pour attirer l’électorat des jeunes. Inéligible suite à ses démêlées avec la justice, Silvio Berlusconi  a été condamné à effectuer quatre heures quotidiennes de travaux d’intérêt général dans une institution pour des malades d’Alzheimer.

Sa campagne est concentrée sur des promesses telles que financer des dentiers gratuits pour les personnes âgées, mettre en place une allocation de 1000 euros par mois pour les femmes au foyer  et la suspension de la taxe sur les animaux domestiques.