Les élections conditionnent la position américaine sur le commerce et l'environnement [FR]
Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis pourraient modifier le cap de la politique américaine sur des questions internationales essentielles telles que l'Irak, le réchauffement climatique et les négociations commerciales multilatérales.
Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis pourraient modifier le cap de la politique américaine sur des questions internationales essentielles telles que l’Irak, le réchauffement climatique et les négociations commerciales multilatérales.
On ne voit pas encore bien comment les démocrates seraient en mesure d’influencer l’agenda américain si la Maison Blanche et le Congrès venaient à cohabiter. Toutefois, même si les démocrates remportaient les deux chambres, le président conserverait son droit de veto.
Les démocrates devraient alors créer une atmosphère qui encouragerait des républicains à se rallier à leurs côtés sur certains sujets, sachant que pour passer outre un veto, il faut obtenir la majorité aux deux tiers au Congrès.
Toutefois, par leur contrôle du bugdet et leur droit de regard, les démocrates se trouveraient en position de force sur un nombre de sujets internationaux déterminants pour l’agenda de George Bush.
Irak:
Si les démocrates obtenaient le contrôle de la Chambre des représentants, ils pourraient tenter de changer la politique du président Bush concernant l’Irak. Dans cette perspective, des personnalités démocrates ont appelé à faire du scrutin à venir un référendum sur l’Irak.
Bien que critiques sur la gestion de la crise en Irak, les démocrates ne sont toutefois pas en faveur d’un retrait immédiat des forces américaines ainsi que de celles de la coalition car la plupart reconnaît qu’un retrait total aggraverait plutôt la situation actuelle. Ils se prononcent plutôt pour un réajustement, des retraits partiels ou des redéploiements.
Changement climatique:
Les démocrates aussi bien que les républicains ont prêté attention au thème du changement climatique avant les élections, mais le président Bush a rappelé clairement sa position au début d’une conférence mondiale sur le climat qui s’est ouverte le 6 novembre à Nairobi, et où il a réitéré son refus de ratifier le protocole de Kyoto.
Beaucoup sont d’avis que le changement de majorité au Congrès ouvrira la voie à une autre gestion de la question du changement climatique, un nombre croissant de membres du Congrès appelant à une action en faveur d’une meilleure maîtrise des émissions de dioxyde de carbone pour freiner le réchauffement climatique.
Cependant, tout effort pour s’attaquer à la politique de gestion du changement climatique serait probablement subordonné à des projets timides qui remporteraient l’adhésion des deux partis. Dès lors, le grand tournant pourrait bien n’être pris qu’après les prochaines élections présidentielles.
Doha Round:
Un basculement de majorité au Congrès pourrait également avoir des répercussions sur l’agenda commercial des Etats-Unis.
Le moment-clé de l’agenda international sera la décision du Congrès de reconduire ou non le Trade Promotion Authority Act (loi américaine sur les échanges commerciaux de 2002) qui expire en juillet 2007. Cette loi confère au président Bush un grand pouvoir dans la négociation des accords commerciaux en empêchant le Congrès d’amender les accords et en fixant une période limite pour la révision.
Si cette loi n’est pas renouvelée, le cycle de Doha aurait encore moins de chances de se conclure sur un succès dans la mesure où le Congrès regagnerait son pouvoir d’amender tout accord commercial qu’il examine. Dès lors, les autres membres de l’OMC, moins certains d’obtenir de véritables engagements de la part des Etats-Unis, se montreraient moins prompts à participer aux négociations.