Les électeurs suisses refusent de bénéficier de plus de congés payés
Alors que les manifestations contre l’austérité se multiplient en Europe, les électeurs suisses ont rejeté une proposition visant à faire passer de 4 à 6 semaines par an le minimum de congés payés. Les entreprises du pays avaient prévenu que cette mesure pourrait porter atteinte à la compétitivité et à l’emploi en Suisse.
Alors que les manifestations contre l’austérité se multiplient en Europe, les électeurs suisses ont rejeté une proposition visant à faire passer de 4 à 6 semaines par an le minimum de congés payés. Les entreprises du pays avaient prévenu que cette mesure pourrait porter atteinte à la compétitivité et à l’emploi en Suisse.
Cette initiative a été proposée par le syndicat Travail.Suisse au motif que quatre semaines de congés payés n'étaient pas suffisantes pour pallier la pression au travail qui a augmenté au cours des récentes décennies et qui entraîne stress et problèmes de santé.
La télévision suisse a toutefois déclaré que selon les premiers chiffres, 67 % des électeurs ayant participé au référendum hier (11 mars) avaient rejeté cette proposition.
En Europe, les Suisses ont la réputation d'être impliqués et efficaces au travail, une caractéristique qui a contribué à attirer les entreprises étrangères et permis au pays d'être bien classé en termes de compétitivité.
Le syndicat Travail.Suisse a déclaré que le référendum avait eu lieu au mauvais moment en raison des inquiétudes économiques croissantes liées à la crise dans la zone euro.
« Pour de nombreux citoyens et citoyennes, le souci actuel de [leur] emploi l’a emporté de façon compréhensible sur le bien-être à long terme des personnes et de l’économie », a déclaré le syndicat dans un communiqué.
« Les adversaires de l’initiative ont joué ainsi à fond la carte de l’insécurité pour les travailleurs avec une campagne jouant sur les peurs. »
La principale association d'employeurs, qui avait largement milité contre cette proposition, a salué les résultats du vote.
« Ce « non » à l’initiative est synonyme de oui au maintien de la compétitivité des entreprises suisses et à la sauvegarde des emplois », peut-on lire dans le communiqué de l'Union patronale suisse.
« Son acceptation aurait encore propulsé vers le haut des coûts du travail déjà élevés en Suisse et imposé à l’économie des charges supplémentaires de l’ordre de plus de 6 milliards de francs par année. »
Selon l'organisation, cette initiative aurait porté atteinte aux entreprises déjà affaiblies par la montée en flèche de la monnaie refuge, le franc suisse, qui grimpe depuis le début de la crise financière, notamment en raison de la fuite des investisseurs de la zone euro.
Les Suisses ont actuellement droit à environ cinq semaines de congés payés par an en moyenne, car de nombreuses entreprises offrent déjà plus que le minimum statutaire de quatre semaines.
En 2002, les électeurs suisses avaient rejeté une proposition visant à ramener la semaine de travail à 36 h au lieu de 42 h.
Les référendums sont cruciaux dans le système politique suisse de démocratie directe. Le gouvernement a d'ailleurs tenu des referendums sur des sujets aussi variés que l'assurance maladie ou l'interdiction de fumer.
Lors d'un autre vote dimanche dernier, les électeurs suisses ont approuvé une proposition visant à limiter la construction de maisons de vacances, considérées par beaucoup comme un fléau dans les villages alpins.