Les économies allemande et française se contractent, la zone euro stagne

Selon des données publiées ce jeudi, la zone euro a étonnamment stagné au cours du quatrième trimestre de l’année dernière.

EURACTIV.com
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La croissance trimestrielle du PIB dans la zone euro a fortement chuté, passant de 0,4 % à 0 % au cours des trois derniers mois de 2024. [Thierry Monasse/Getty Images]

Selon des données publiées ce jeudi, la zone euro a étonnamment stagné au cours du quatrième trimestre de 2024.

Les difficultés économiques de l’Europe ne montrent aucun signe d’apaisement. La croissance trimestrielle du PIB dans la zone euro a fortement chuté, passant de 0,4 % à 0 % au cours des trois derniers mois de 2024, selon Eurostat.

Des économistes interrogés par Bloomberg avaient prévu une croissance de 0,1 % pour la zone de la monnaie unique.

La mauvaise performance de la zone euro est largement due aux ralentissements économiques de l’Allemagne et de la France, les deux plus grandes économies de l’Union, qui se sont contractées respectivement de 0,2 % et de 0,1 %.

En France, en effet, le dernier trimestre a été particulièrement marqué par l’instabilité politique, ce qui a mené à une contraction du PIB de 0,1 %, selon les chiffres de l’Insee. La croissance française a tout de même progressé de 1,1 % en 2024. Mais pour 2025, le gouvernement Bayrou a abaissé sa prévision de croissance de 1,1 % à 0,9 %.

L’Italie, troisième économie, a également stagné pour le deuxième trimestre consécutif. En revanche, l’Espagne, quatrième économie européenne, a progressé de 0,8 % pour le troisième trimestre consécutif.

Les données d’Eurostat indiquent que les consommateurs sont encore « sous le choc de l’inflation » déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, explique Bert Colijn, économiste chez ING Research.

Selon l’économiste, les problèmes économiques de l’Europe sont renforcés par les faibles niveaux d’investissement, la faiblesse de l’industrie manufacturière et l’« incertitude économique générale », a-t-il ajouté.

« Pour l’instant, l’économie semble être dans un marasme et nous ne nous attendons pas à ce qu’elle en sorte cet hiver. » La demande intérieure sera probablement « le moteur de la croissance économique » plus tard dans l’année, indique Bert Colijn.

Les données publiées ce jeudi ont par ailleurs accru la pression sur la Banque centrale européenne (BCE), qui a en effet réduit son taux d’intérêt directeur de 3 % à 2,75 % cet après-midi, ce qui constitue sa cinquième baisse de taux dans le cadre de ce cycle politique.

Les analystes et les opérateurs de marché prévoient d’ailleurs que la BCE ramènera les taux à environ 2 % d’ici la fin de l’année.

Ces données interviennent dans un contexte de craintes croissantes quant à la compétitivité économique mondiale de l’Europe. Hier, la Commission a dévoilé une série de recommandations politiques visant à stimuler la croissance et l’investissement, notamment en réduisant les réglementations, en approfondissant le marché unique de l’Union et en modifiant la politique de concurrence afin d’encourager les entreprises à se développer.

Selon les dernières projections du Fonds monétaire international, la zone euro devrait connaître une croissance de 1,2 % cette année, soit environ la moitié du taux de croissance prévu pour les États-Unis.

Les analystes préviennent également que l’économie européenne pourrait entrer en récession cette année si le président américain Donald Trump tient sa promesse d’imposer des droits de douane de 10 à 20 % sur toutes les importations américaines.

La veille de la décision de la BCE, la Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux entre 4,25 % et 4,5 %, défiant ainsi les appels répétés de Donald Trump à réduire les taux.

Les analystes ont averti que les propositions politiques du milliardaire américain, à savoir les déportations massives, la déréglementation et le protectionnisme économique, pourraient conduire à une résurgence de l’inflation aux États-Unis, forçant ainsi la Réserve fédérale à maintenir les taux à un niveau élevé.

(AM)