Les droits de douane sur les véhicules électriques pourraient stimuler la relocalisation en Europe
Les droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine pourraient encourager les constructeurs automobiles chinois à établir leur production dans l’UE, selon le ministre hongrois de l’Économie, Márton Nagy.
Les droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine pourraient encourager les constructeurs automobiles chinois à établir leur production dans l’UE, selon le ministre hongrois de l’Économie, Márton Nagy. Il a également souligné les différences de points de vue entre les États membres concernant la permanence de ces droits de douane.
S’exprimant après une réunion informelle des ministres de la Compétitivité de l’UE à Budapest mardi (9 juillet), Márton Nagy a expliqué que la décision de la Commission européenne d’appliquer des droits provisoires allant jusqu’à 37,6 % pourrait avoir accéléré une tendance à la délocalisation de la chaîne d’approvisionnement.
« Il peut arriver qu’après les droits de douane, ce processus [de localisation] s’accélère », a-t-il indiqué.
Ses commentaires font suite à l’annonce du géant chinois des véhicules électriques BYD de son projet de construction d’une usine d’un milliard de dollars en Turquie. Cette décision intervient après qu’Ankara a imposé le mois dernier des droits de douane de 40 % sur les véhicules chinois.
Le ministre turc de l’Industrie et de la Technologie, Mehmet Fatih Kacir, a affirmé que l’accord pourrait faciliter la vente de véhicules électriques (VE) chinois à l’UE en raison de l’union douanière entre la Turquie et l’UE.
Cependant, le ministre hongrois de l’Économie a aussi rappelé que la localisation des constructeurs automobiles chinois au sein de l’Union avait déjà commencé avant même la décision de l’exécutif de l’UE.
« La localisation est un processus qui se poursuit indépendamment des droits de douane », a-t-il déclaré, et c’est généralement un moyen de « raccourcir la chaîne d’approvisionnement » pour les entreprises « de la manière la plus rentable possible ». Il a ajouté que BYD et Chery avaient tous deux annoncé des projets de construction d’usines en Europe alors que l’enquête anti-subventions de l’UE était toujours en cours.
Selon une enquête publiée le mois dernier par le China Economic Information Service et la Chambre de commerce chinoise auprès de l’UE, l’augmentation de la localisation « reste un objectif stratégique à long terme » pour les entreprises chinoises, bien que les enquêtes anti-subvention ait « douché » leur enthousiasme d’investir dans l’UE.
Par ailleurs, Márton Nagy a également rappelé les « opinions opposées » des ministres de l’UE concernant les droits de douane, certains États membres y étant fortement favorables et d’autres s’y opposant farouchement.
Après la confirmation par la Commission que les droits de douane préliminaires seraient appliqués à partir du 5 juillet, les Vingt-Sept devront tenir un premier vote non contraignant sur la question la semaine prochaine et ne présenteront leur position finale qu’en novembre. Si une majorité qualifiée d’au moins 15 pays représentant un minimum de 65 % de la population totale de l’UE s’oppose aux mesures, la Commission devra les retirer.
L’Allemagne a été particulièrement critique à l’égard de l’imposition de nouveaux droits de douane sur les VE produits en Chine et a fait pression pour qu’un accord négocié soit conclu afin d’éviter l’imposition de droits définitifs.
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[Édité par Anna Martino]