Les droites populistes sur la sellette
Après les attentats d’Oslo qui ont fait 76 morts, certaines organisations pointent du doigt l’influence néfastes des partis politiques européens qui surfent sur la peur de l’Islam et le repli identitaire.
Après les attentats d’Oslo qui ont fait 76 morts, certaines organisations pointent du doigt l’influence néfastes des partis politiques européens qui surfent sur la peur de l’Islam et le repli identitaire.
Les Norvégiens n’ont pas encore enterré leurs morts que la polémique est déjà lancée. Et elle pourrait bien se répandre dans toute l’Europe.
Y compris la Droite populaire
En France, le coup de départ a été donné par le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP). Dans une communiqué de presse, dimanche 24 juillet, l’organisation a pointé du doigt la responsabilité des partis populistes et d’extrême droite dans les évènements d’Oslo.
« Cette tuerie ne saurait se réduire au seul acte d’un déséquilibré (…). Dans toute l’Europe, les partis populistes et les extrêmes droites – Front National en France, Parti du progrès en Norvège, Démocrates suédois (parti politique suédois nationaliste), Parti du peuple danois (PPD), Jobbik de Hongrie (…) – sans oublier en France la droite extrême qu’est la Droite populaire de l’UMP (…) – portent une lourde responsabilité dans le climat délétère qui pèse sur le continent tout entier. »
Réaction vive
Aussitôt, la présidente du Front national, Marine Le Pen a réagi et dénoncé un amalgame.
« Le MRAP se déconsidère totalement, et montre qu’il est prêt à toutes les bassesses pour essayer de traîner dans la boue ses ennemis politiques (…). Le Front National est évidemment parfaitement étranger à la tuerie norvégienne, qui est l’œuvre d’un déséquilibré solitaire qui devra être châtié de façon impitoyable. »
Le communiqué de presse laisse aussi sous entendre qu’une action en justice va être entreprise contre l’association.
L’eurodéputé du FN Bruno Gollnisch s’est aussi insurgé, dès samedi contre une « manipulation » contre les partis défendant « les valeurs traditionnelles ».
Un admirateur de Geert Wilders
Anders Behring Breivik, l’auteur présumé de la tuerie s’est lui-même défini comme un admirateur de Geert Wilders, le leader populiste néerlandais qui compare le Coran à Mein Kampf d’Adolf Hitler. M. Widers s’est empressé de réagir, déclarant « mépriser tout ce que [Breivik] symbolise et tout ce qu’il a fait ».
Le norvégien de 32 ans a expliqué son geste dans un manifeste de 1500 pages, publié sur Internet. Il s’agissait de frapper ceux qui défendent le multiculturalisme qui, selon lui, précipiterait la Norvège et l’Europe vers sa perte. C’est pourquoi il s’est attaqué à l’université d’été du parti travailliste, favorable à l’immigration.
Le parti populiste norvégien, le Parti du Progrès, a du aussi plus ou moins se justifier. En effet, entre 1999 et 2007, Anders Breivik a été membre de cette formation politique, la deuxième du pays et dont une des lignes directrices est la lutte contre l’immigration et l’islamisation de la société.