Les dirigeants européens répugnent à demander la démission de M. Moubarak

Très divisés sur la question de savoir s'il faudrait inclure ou non le dirigeant égyptien, Hosni Moubarak, à la transition du pays, les leaders européens ont fait une déclaration qui manquait de mordant lors de leur sommet aujourd'hui (4 février).

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Très divisés sur la question de savoir s'il faudrait inclure ou non le dirigeant égyptien, Hosni Moubarak, à la transition du pays, les leaders européens ont fait une déclaration qui manquait de mordant lors de leur sommet aujourd'hui (4 février).

Les dirigeants européens ont demandé aux autorités égyptiennes de satisfaire les aspirations de la population égyptienne par une réforme politique, et non par la répression, et de s'engager dans une transition sans heurt vers un gouvernement à base élargie.

« Le processus de transition doit débuter maintenant », peut-on lire dans la déclaration du sommet qui ne va au-delà des appels lancés cette semaine par Barack Obama.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a fait pression pour qu’une réponse plus ferme permette de contrer les tentatives de M. Moubarak de rester au pouvoir alors que des milliers de manifestants continuaient à se rassembler dans plusieurs villes égyptiennes, demandant sa démission immédiate.

Cependant, le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, est arrivé au sommet en clamant que la transition vers une démocratie en Egypte devrait s'opérer sans se séparer de M. Moubarak.

Par conséquent, la déclaration du sommet sur l'Egypte ne donnait pas d'indication sur l'éventuel avenir politique de M. Moubarak durant la période de transition.

Les dirigeants de l'UE ont également décidé que la haute représentante pour les affaires étrangères et la sécurité, Catherine Ashton, devrait se rendre en Egypte et en Tunisie bientôt (la date proposée serait dans deux semaines) et que l'UE devrait soutenir le processus de transition, y compris la préparation et la tenue d'élections libres et justes.

Des élections devraient avoir lieu en septembre en Egypte et M. Moubarak a précisé mardi qu'il nourrissait l'ambition de rester au pouvoir jusqu'à cette date.

La déclaration a également remis les développements en Egypte dans le contexte de la récente « révolution du Jasmin » en Tunisie en saluant l'expression pacifique et digne des aspirations de ces deux peuples à la démocratie.

Toutefois, des diplomates ont déclaré à EURACTIV que l'Egypte, le plus grand pays arabe, était un cas à part, et pas seulement à cause de sa taille. « Il s'agit d'un sommet sur l'énergie. Imaginez-vous ce qu'il se passerait sur le canal de Suez devait fermer », a expliqué l'un d'entre eux.

Pour le moment, le chaos règne peut-être au Caire et dans d'autres villes, mais apparemment, aucun trouble de cette ampleur n'a lieu à proximité du canal de Suez ou d'autres artères pétrolières.

Selon un correspondant de Bloomberg dans la région, les troupes égyptiennes apportent leur soutien aux gardes qui protègent le canal de Suez et l'oléoduc Suez-Méditerranée.

Le groupe des Socialistes & Démocrates ainsi que les Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen ont descendu en flammes la réaction perçue comme faible du Conseil face aux récents développements en Egypte (voir « Positions »).

Néanmoins, le président français, Nicolas Sarkozy, a déclaré que le rôle de l'Union européenne n'était pas d'intervenir dans la transition de l'Egypte vers la démocratie, ajoutant que c'était au peuple égyptien de choisir leurs dirigeants. Il a cependant averti que les conséquences seraient terribles si la violence à l'encontre des journalistes continuait.