Les dirigeants européens mettent en avant les politiques nationales lors des vœux de fin d’année

François Hollande, le président français, et Angela Merkel, la chancelière allemande, n’ont fait que de brèves allusions à l’Union européenne dans leurs vœux de fin d’année. Ils ont évalué différemment le succès des tentatives pour surmonter la crise de la zone euro.

EURACTIV.com
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François Hollande, le président français, et Angela Merkel, la chancelière allemande, n’ont fait que de brèves allusions à l’Union européenne dans leurs vœux de fin d’année. Ils ont évalué différemment le succès des tentatives pour surmonter la crise de la zone euro.

 

Lors de ses voeux, François Hollande a déclaré que l'UE n'avait progressé dans la lutte contre la crise de la zone euro qu'au cours des mois qui ont suivi son investiture.

 

« Ce soir, je veux vous dire ma confiance dans notre avenir : la zone euro a été sauvegardée et l’Europe a enfin mis en place les instruments de stabilité et de croissance qui lui manquaient. Ce résultat semblait, il y a encore 6 mois, hors de portée. Il a [désormais] été atteint », a déclaré le président français.

 

Le président n'a fait qu'une seule allusion à l'UE dans son discours durant lequel il s'est également dit confiant dans l'avenir, qui repose principalement sur la France.

 

L'objectif principal de François Hollande serait de limiter les conséquences d'une décision de la Cour constitutionnelle du 28 décembre. Cette décision a porté un coup à la promesse préélectorale la plus emblématique du président, à savoir une taxe de 75 % sur les revenus annuels de plus d'un million d'euros.

 

La Cour a indiqué que cette taxe était inconstitutionnelle, car elle s'appliquerait aux couples mariés dont l'un des conjoints gagne plus d'un million d'euros, mais pas aux foyers dont les deux membres gagnent un peu moins d'un million d'euros. François Hollande s'est engagé à persévérer avec une révision de cette loi.

 

« Il sera toujours demandé davantage à ceux qui ont le plus », a déclaré le président lors de son discours, sans entrer dans les détails de cette nouvelle proposition.

 

Angela Merkel moins optimiste

 

Angela Merkel a également fait peu d'allusions à l'UE, mais a été moins optimiste que François Hollande quant aux efforts réalisés dans la lutte contre la crise de la zone euro jusqu'à présent.

 

Elle a indiqué que la population allemande vieillissante devait « se préparer à un changement démographique », mettre de l'ordre dans ses finances publiques et trouver « le bon équilibre » entre la prospérité et la cohésion.

 

« La crise de la dette souveraine européenne montre à quel point cet équilibre est important. Les réformes que nous avons proposées commencent à produire leurs effets. Cependant, nous devons faire preuve de patience. La crise est loin d'être terminée », a-t-elle ajouté.

 

La chancelière allemande a également indiqué que 2013 marquerait le 50e anniversaire du traité de l'Élysée, signé le 22 janvier 1963 par le président français Charles de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer.

 

Anniversaire du traité de l’Élysée et de « Dinner for One »

 

Elle a également indiqué que 2013 marquait le 50e anniversaire du premier enregistrement de la comédie « Dinner for One » à Hambourg. Regarder ce film le soir du Nouvel An est devenu une tradition en Allemagne et en Autriche.

 

Cette comédie est devenue célèbre grâce à une parodie réalisée par la chaîne télévisée allemande ARD. Dans cette parodie, Miss Sophie (Angela Merkel) s'assoit seule à une table pour un grand banquet donné en l'honneur de son 90e anniversaire avec ses amis de toujours, tous décédés (dont Silvio Berlusconi et l'ancien dirigeant espagnol Luis Rodríguez Zapatero). La dame est servie par le pauvre majordome prénommé James (Nicolas Sarkozy).

 

Selon Reuters, Angela Merkel aurait, par ces propos, contredit indirectement le ministre des finances, Wolfgang Schaüble, qui avait déclaré, dans un entretien publié le 27 décembre dans le journal Bild, que le pire était passé.

 

Selon des analystes, la chancelière allemande a prononcé un discours prudent étant donné qu'elle sera confrontée à des élections en septembre et qu'elle ne veut pas susciter d'attentes avant le scrutin.

 

Même si le parti conservateur d'Angela Merkel, CDU, enregistre dix points de plus que les sociaux-démocrates (SPD) dans les sondages, le centre-gauche et ses alliés verts pourraient prendre le pouvoir parce que l'allié de la coalition de Mme Merkel, le Parti libéral-démocrate (FDP), s'effondre brutalement et ne remporterait aucun siège.

 

Des politologues estiment toutefois que Mme Merkel aurait toutefois le plus d'options pour la formation d’un gouvernement après les élections. Elle pourrait mener une grande coalition droite-gauche avec le SPD comme ce fut le cas de 2005 à 2009 ou une coalition avec le parti vert.