Les dirigeants européens en guerre contre le chômage chez les jeunes

  Les jeunes devraient se voir offrir un emploi dans les quatre mois suivant leur sortie de l'école, se diront aujourd'hui (30 janvier) les dirigeants de l'UE lors d'un sommet informel, selon un projet de déclaration consulté par EURACTIV. Cette mesure a été qualifiée de rhétorique creuse par les socialistes européens.

EURACTIV.com
youth unemployment – socialist party website.jpg
youth unemployment - socialist party website.jpg

 
Les jeunes devraient se voir offrir un emploi dans les quatre mois suivant leur sortie de l'école, se diront aujourd'hui (30 janvier) les dirigeants de l'UE lors d'un sommet informel, selon un projet de déclaration consulté par EURACTIV. Cette mesure a été qualifiée de rhétorique creuse par les socialistes européens.

Stimuler l'emploi chez les jeunes est la priorité de l'Europe frappée par la récession pour relancer la croissance économique, peut-on lire dans un document de quatre pages qui devrait être adopté par les dirigeants de l'UE aujourd'hui.

« Un effort immédiat est nécessaire pour renforcer le marché de l'emploi et réduire le chômage des jeunes », est-il précisé dans le projet de conclusions du sommet européen d'aujourd'hui à Bruxelles.

Ces propositions ont été qualifiées de « creuses » par le Parti des Socialistes européens qui a déclaré que l'UE devait investir davantage d'argent pour sortir au moins 2 millions de jeunes du chômage.

Plus de 5,5 millions de jeunes sont sans emploi dans l'UE (22,3 %), selon les statistiques les plus récentes publiées en janvier dernier. L'Espagne est le pays le plus durement touché avec un taux de chômage des jeunes proche de 50 %. La situation ne semble pas sur le point de s'améliorer alors que le marasme économique pousse de plus en plus de jeunes Européens à demander des aides sociales.

Un emploi dans les quatre mois après la sortie de l'école

Dans une tentative d'empêcher cette bombe sociale d'exploser, les dirigeants européens décideront aujourd'hui d'intensifier leurs efforts pour promouvoir la première expérience professionnelle et aider les citoyens à intégrer le marché du travail.

« Dans les quatre mois suivant la sortie de l'école, les jeunes devraient se voir proposer un emploi de qualité, une formation continue, un apprentissage ou un stage », peut-on lire dans l'ébauche de conclusion du sommet.

Les dirigeants européens souligneront l'importance des stages, surtout pour les jeunes qui quittent l'école plus tôt. Ils tenteront également de trouver des solutions pour encourager la mobilité des jeunes en renforçant le programme Leonardo da Vinci qui permet aux jeunes Européens de disposer d'une expérience professionnelle à l'étranger. Le nombre de stages en entreprise à l'étranger devrait être « substantiellement » accru.

Une stratégie peu connue sur l'emploi des jeunes, adoptée en 2010, définit un objectif visant à accroître la proportion de jeunes dans l'enseignement supérieur de 31 % en 2008 à 40 % en 2020. Cette stratégie prévoit également que la proportion de jeunes qui quittent prématurément l'école passe de 15 à 10 % sur la même période. Les conclusions du sommet ne mentionnent pas ce programme et ne proposent aucune nouvelle mesure pour atteindre ces objectifs.

D'autres propositions ont été présentées par la Commission européenne en décembre dernier, afin de réduire le taux de chômage. Il s'agirait notamment d'utiliser le Fonds social européen, qui dispose encore de 30 milliards d'euros de fonds disponibles pour ce genre de projet.

Marché unique et petites entreprises

Ouvrir des segments protégés dans le secteur des services fait également partie d'une série de mesures favorables à l'emploi qui devrait être adoptée dès que possible. Il s'agirait notamment de « lever des restrictions injustifiées sur les services professionnels et le secteur de la vente de détail », peut-on encore lire dans l'ébauche de conclusions.

Cette proposition semble s'inspirer des efforts consentis par le gouvernement italien de Mario Monti, dont les idées libérales sont largement reprises dans le texte commun qui devrait être adopté par les dirigeants de l'UE.

Ils réaffirmeront également leur engagement envers la réalisation du marché unique de l'UE.

D'ici mi-2012, ils devraient aboutir à un accord sur des questions aussi diverses que la normalisation des produits, l'efficacité énergétique, la simplification des normes comptables, la résolution des litiges, l'itinérance et les signatures électroniques. Un accord sur la simplification des règles relatives aux marchés publics devrait être conclu d'ici la fin de l'année 2012.

Les dirigeants devraient également progresser sur des sujets complexes comme la coordination des politiques fiscales, les régimes de brevet, la levée des obstacles commerciaux et la promotion de l'e-commerce.

Enfin, les dirigeants proposeront de nouvelles mesures pour éviter qu'un resserrement du crédit dans le secteur bancaire ne porte atteinte aux entreprises européennes.

« Les superviseurs nationaux doivent s'assurer que la recapitalisation des banques ne mène pas à un désendettement excessif », peut-on lire dans le texte. Les banques sont en effet accusées d'utiliser l'argent fourni par la Banque centrale européenne pour accroître leur capital tampon au lieu de soutenir l'économie.

S'agissant des petites et moyennes entreprises, les dirigeants proposent de mieux mobiliser les fonds structurels, de renforcer le soutien de la Banque européenne d'investissement aux PME, de mettre en place des obligations de projet, de faciliter l'accès au capital-risque, de renforcer l'instrument de microfinancement pour les petits prêts et d'alléger les fardeaux administratifs.