Les dirigeants de l'UE font du charme à la Chine pour augmenter la capacité du FESF
Lors d'un sommet marathon hier soir, les dirigeants de la zone euro ont décidé d'augmenter la capacité du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et de créer un « véhicule d'investissement spécial » voué à attirer des investissements chinois, brésiliens et des pays du Moyen-Orient. L'accord définitif sur la capacité du FESF ne sera toutefois pas finalisé avant novembre.
Lors d'un sommet marathon hier soir, les dirigeants de la zone euro ont décidé d'augmenter la capacité du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et de créer un « véhicule d'investissement spécial » voué à attirer des investissements chinois, brésiliens et des pays du Moyen-Orient. L'accord définitif sur la capacité du FESF ne sera toutefois pas finalisé avant novembre.
Le responsable du FESF et le président français, Nicolas Sarkozy, ont l'intention de se lancer dans une opération de charme pour convaincre la Chine de soutenir le fonds de sauvetage de la zone euro.
L'implication de la Chine et d'autres membres du FMI dans l'accord visant à augmenter la capacité du FESF, initialement de 440 milliards d'euros, n'a pas été expliquée en détail par les dirigeants réunis pour un sommet qui s'est terminé à 4h jeudi (27 octobre) à Bruxelles.
Le communiqué final de ce sommet a décrit la méthode visant à lever des fonds dans des termes qui ne sont pas très différents de ceux employés dimanche (23 octobre), lors de la dernière réunion des dirigeants de la zone euro.
Deux options toujours sur la table pour le FESF
Deux options ont à nouveau été proposées :
- la mise en place d'un véhicule de rehaussement de crédit pour les acheteurs d'obligations afin de leur offrir des garanties en cas de défaut de paiement ;
- l'augmentation de la capacité du FESF via des véhicules spéciaux pouvant attirer des investissements de la part d'institutions financières privées et publiques et des investisseurs.
« L'effet de levier de chaque option variera en fonction de leurs caractéristiques spécifiques et des conditions du marché, mais il pourrait être de quatre ou cinq », peut-on lire dans ce communiqué.
Dans la mesure où les ressources du FESF s’élèvent aujourd’hui à 250 milliards d'euros, le fonds pourrait atteindre entre 1000 et 1250 milliards d'euros.
Une autre clause de ce communiqué attire l'attention sur les « investisseurs tiers » : « En outre, l'augmentation des ressources du FESF pourra également être réalisée grâce à une coopération encore plus étroite avec le FMI ».
Etant donné que selon l'accord, la capacité du FESF pourra être renforcée grâce à ces deux options, on remarque un léger changement d'orientation. Nombreux sont ceux qui pensaient en effet que la zone euro ne pourrait avoir recours qu'à une seule de ces options.
L'absence de la première option dans le communiqué aurait toutefois été un signal clair de l'engagement des membres du FMI d'apporter leur aide à la zone.
Les grands contributeurs de l'Europe, la France avec Nicolas Sarkozy et l'Allemagne avec Angela Merkel, n'ont plus qu'à établir une estimation de l'ampleur qu'atteindra le fonds.
M. Sarkozy a affirmé que le FESF pourrait atteindre au moins 1400 milliards d'euros.
Les détails quant à la taille du FESF n'ont pas été dévoilés, car ils devront encore être examinés par les ministres des finances en novembre. Les dirigeants ont donc aujourd'hui le devoir d'encourager des partenaires internationaux à participer à l'effort.
Oui ? Non ? La Chine laisse planer le doute
Ces récents évènements ont fait suite à une soirée lors de laquelle il est ressorti que la Chine ne serait plus très enthousiaste à l'idée d'investir dans le FESF.
Dans l'après-midi, Reuters a fait savoir que la Chine avait refusé de participer au FESF. La Chine aurait plutôt décidé de se concentrer sur des pays et des actifs spécifiques en Europe, posant autant de conditions que possible et prêtant ainsi attention à la volonté de nombreux Chinois de ne pas voir leur pays s'impliquer de trop dans les problèmes de la zone euro.
« Je pense que la Chine préfèrera apporter sa pierre à l'édifice en procédant pays par pays, car il sera dès lors plus facile pour elle d'obtenir des contreparties en termes d'investissements, d'importation et de commerce, entre autres », a expliqué Paul Sheehan, le directeur général du fonds d'investissement Thaddeus Capital à de Hong Kong.
M. Sheehan, un spécialiste de la région qui s'est spécialisé dans l'analyse des banques, a confié à Reuters : « Le scénario le plus probable est un accord Chine-Italie ou Chine-Belgique. Beijing voudra être à même d'acheter des entreprises et des actifs européens le plus rapidement possible, avec la garantie de ne pas être freinée dans sa course si un accord est conclu ».
Les dirigeants européens souhaitent à tout prix s'attirer les faveurs de la Chine, car les autres contributeurs potentiels, comme le Brésil, ont déjà affirmé ne pas vouloir être de la partie.
En début de semaine, il a été annoncé que Klaus Regling, le directeur du FESF, se rendrait à Beijing vendredi.
Il ne sera pas le seul à affronter les Chinois. Lors d'une déclaration suivant le sommet, M. Sarkozy a confirmé qu'il téléphonerait au président Hu Jintao aujourd'hui.