Les dirigeants de l’UE évitent les affrontements lors d’un sommet ennuyeux sur la croissance
Le premier jour de sommet ennuyeux de l’UE dédié aux questions économiques s’est terminé tard hier soir (14 mars). La France et l’Italie ont reçu un certain soutien en faveur d’une interprétation des règles budgétaires de l’UE légèrement plus favorables à la croissance.
Le premier jour de sommet ennuyeux de l’UE dédié aux questions économiques s’est terminé tard hier soir (14 mars). La France et l’Italie ont reçu un certain soutien en faveur d’une interprétation des règles budgétaires de l’UE légèrement plus favorables à la croissance.
La pression de la France en faveur d'une interprétation des règles budgétaires de l'UE plus favorables à la croissance a porté ses fruits.
Des responsables français ont indiqué qu'ils étaient satisfaits des conclusions du sommet. « Les possibilités offertes par le cadre budgétaire existant de l'UE afin d'équilibrer les besoins en investissements publics productifs et les objectifs de discipline budgétaire peuvent être exploitées dans le volet préventif du pacte de stabilité et de croissance », peut-on lire dans ces conclusions.
Le déficit budgétaire de la France atteindra 3,7 % du produit intérieur brut cette année. Paris manquera donc son objectif de 3 %.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a soigneusement évité tout affrontement idéologique. Elle a déclaré à des journalistes : « Nous avons affirmé lors de chaque discussion consensuelle que la consolidation budgétaire, les réformes structurelles et la croissance n’étaient pas contradictoires, mais se renforçaient mutuellement. »
Elle a semblé céder du terrain aux critiques des détracteurs, qui affirment que la chancelière ignore les appels en faveur d'une approche plus favorable à la croissance pour le budget de l’UE. Elle a indiqué : « Nous avons décidé d'un pacte de croissance l'été dernier et il faut à présent lui donner vie. L'argent est là, mais les gens doivent y avoir accès, afin que les jeunes en Europe obtiennent un emploi. Nous ferons toujours tout pour être concurrentiels et croître. »
La France est satisfaite
Des responsables français ont indiqué à des journalistes que la mise en oeuvre du pacte européen de croissance, convenu en juin 2012, était plus importante que la « réinvention de la croissance » à chaque nouveau sommet.
La France attache une importance particulière à ce pacte d'une valeur de 120 milliards d'euros, en grande partie financés par des fonds structurels non utilisés et par la Banque européenne d'investissement. La mise en oeuvre du pacte, qui garantira à la France des projets d'une valeur de 12 milliards d'euros, est prévue pour le mois de juin 2013, malgré des doutes sur son efficacité à court terme.
>> Lire : Le pacte de croissance européen de 120 milliards d’euros suscite des interrogations
L'Italie après les élections
En Italie, la consolidation budgétaire et l'austérité ont donné lieu à une impasse politique à la suite des élections. Les dirigeants de l'UE semblent avoir pris la situation en compte.
« Les élections indiquent que nous devrions écouter ce que les citoyens européens nous disent », a déclaré un diplomate français.
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a déclaré que les dirigeants étaient « pleinement conscients du débat, des frustrations qui s'accumulent et même du désespoir des gens. » Il a déclaré que la stratégie économique globale de l'UE reposait sur quatre éléments : la restauration de la stabilité du système financier, la garantie de finances publiques saines, la lutte urgente contre le chômage et la réforme de la croissance à long terme et de la compétitivité.
« Ces quatre éléments sont clairs et cohérents et nous avons besoin des quatre simultanément », a-t-il ajouté.
Se faisant l'écho des diplomates français, M. Van Rompuy a déclaré que la croissance ne viendrait pas seule, mais grâce à une consolidation financière.
« La croissance et l'emploi ne sont pas des choses que les gouvernements peuvent acheter ou faire apparaître. Il s'agit de notre objectif principal, un résultat, pour lequel nous devons continuer à nous battre. La question est de trouver le juste équilibre, de définir des priorités, de faire les bons choix. Voilà ce dont nous avons parlé » a déclaré M. Van Rompuy.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré qu'il avait mis sur la table une série de propositions qui visent à stimuler la croissance, mais a déploré que leur mise en oeuvre soit « trop faible et trop lente ».
Il a accueilli favorablement la formulation des conclusions du sommet, qui appellent le Conseil et le Parlement européen à agir rapidement afin de mettre en oeuvre ces mesures. Il a mentionné, entre autres, le pacte pour la croissance et l'emploi ainsi que l'initiative pour l'emploi des jeunes.
Selon des analystes, l'initiative pour l'emploi des jeunes, d'une valeur de 6 milliards d'euros, n'est pas suffisante pour avoir une incidence. Chaque jeune sans emploi dans les 27 États membres de l'UE recevrait à peine 100 €.