Les dirigeants de l’UE cherchent la formule de l’énergie bon marché

EXCLUSIF / Les dirigeants de l’UE discuteront de sujets controversés, dont l’atténuation des effets du changement climatique et l’exploration des gisements de gaz de schiste, lors du sommet de l’énergie le 22 mai, selon des documents obtenus par EURACTIV.

EURACTIV.com
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EXCLUSIF / Les dirigeants de l’UE discuteront de sujets controversés, dont l’atténuation des effets du changement climatique et l’exploration des gisements de gaz de schiste, lors du sommet de l’énergie le 22 mai, selon des documents obtenus par EURACTIV.

Comme convenu lors du sommet des 14 et 15 mars (voir « Contexte »), les dirigeants des États membres de l'UE se rencontreront pour discuter de la manière de réduire les prix de l'énergie et d'ainsi améliorer la compétitivité des industries de l'Union. 

Selon le projet d'orientations pour les conclusions du sommet, préparé par les collaborateurs du président du Conseil, Herman Van Rompuy, les chefs d'États de l'UE comptent se concentrer sur des « aspects clés » de la politique énergétique destinée à stimuler la croissance, la productivité et l'emploi en vue de surmonter les effets de la crise économique.

« Les prix et les coûts élevés de l'énergie nuisent à la compétitivité européenne », peut-on lire dans ce document. Il ouvre la discussion sur les méthodes que l'Europe pourrait utiliser afin de rester compétitive à l'échelle mondiale et de diminuer les prix de l'énergie, alors que le Vieux Continent est confronté à un manque criant d'investissements dans les infrastructures énergétiques et les capacités de production.

Les collaborateurs de M. Van Rompuy appellent également les dirigeants des États membres de l'UE à discuter des façons d’accroître l'efficacité énergétique, de développer des « ressources locales » et de faciliter les investissements. La Commission sera chargée d'élaborer un « cadre prévisible pour l'après-2020 en ce qui concerne le changement climatique et les énergies ».

Reconsidérer les politiques sur le climat

L'exécutif européen demandera aux États membres de fournir une analyse des prix et des coûts de l'énergie d'ici fin 2014, ce qui mettra en évidence la compétitivité de l'UE par rapport aux autres pays dans le monde.

Dans le contexte de politique énergétique de l'UE, la compétitivité se traduit par une reconsidération des politiques de l'Union sur le climat.

Récemment, BusinessEurope, la puissante fédération qui représente les plus grandes entreprises d’Europe, a invité le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à faire passer la politique énergétique de l’UE de l’atténuation des effets du changement climatique à une politique axée sur la compétitivité en termes de coûts et la sécurité d’approvisionnement. [plus d'infos]

Selon le projet de conclusions du Conseil européen, l'objectif de l'UE est de garantir « des conditions de concurrence équitables pour les entreprises et l'industrie, pour qu'elles puissent être compétitives sur le marché mondial étant donné les conséquences de la « fuite de carbone », entre autres.

La « fuite de carbone » désigne la délocalisation d'entreprises européennes à l’étranger en raison de l’avantage comparatif que pourraient offrir une réglementation climatique moins contraignante.

Gaz de schiste

Les dirigeants devraient également charger la Commission d'évaluer l’option d’un « recours plus systématique à des ressources locales d'énergie conventionnelle ou non ».

Les sources non conventionnelles font généralement référence au gaz de schiste. D’aucuns estiment que ce gaz a déclenché un renouveau industriel aux États-Unis, mais plusieurs États membres de l'UE restent sceptiques.

En ce qui concerne les ressources conventionnelles, plusieurs pays de l'UE explorent des gisements gaziers et pétroliers en mer en collaboration avec des entreprises américaines ou israéliennes.  La Commission a rarement joué un rôle dans ces initiatives.

Les collaborateurs de M. Van Rompuy affirment vouloir établir un échange régulier d'informations entre les États membres de l'UE concernant  « les décisions nationales importantes en matière d'énergie qui pourraient avoir des conséquences sur d'autres États membres ».

Même si le document n’entre pas dans les détails, des sources ont expliqué à EURACTIV qu'il couvrait avant tout les prochaines décisions sur la construction de nouvelles centrales nucléaires. L'Autriche, opposée à l'énergie nucléaire, a déploré les risques éventuels pour la santé et l'environnement des centrales nucléaires de Mochovce et de Temelín proches de sa frontière avec la Slovaquie et la République tchèque.

De grandes parties des conclusions sont entre parenthèses ou soulignées : les pays doivent donc encore approuver leur formulation. Par exemple, les « effets positifs » du découplage prévu par les dispositions du troisième paquet énergétique sont « en général » salués, ce qui indique que tous ne sont pas unanimes à ce sujet.