Les députés bulgares rejettent une nouvelle taxe sur le transit du gaz russe

Mardi, le parlement bulgare a rejeté une proposition visant à réintroduire une taxe supplémentaire sur le transit du gaz russe vers l’Europe centrale, une législation qui aurait pu provoquer le courroux de la Serbie et de la Hongrie.

EURACTIV Bulgarie
National Assembly of Bulgaria
Le Parlement bulgare a répondu à la menace de Viktor Orbán et a annulé, en décembre 2023, la taxe, qui devait rapporter 1,2 milliard d'euros par an. [[Getty Images]]

SOFIA — Mardi, le parlement bulgare a rejeté une proposition visant à réintroduire une taxe supplémentaire sur le transit du gaz russe vers l’Europe centrale, une législation qui aurait pu provoquer le courroux de la Serbie et de la Hongrie.

En octobre 2023, la Bulgarie a introduit une taxe de 10 euros par MWh de gaz russe transitant par son territoire, ce qui a incité la Hongrie à menacer de bloquer l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen.

Le parlement bulgare a répondu à la menace de Viktor Orbán et a annulé en décembre 2023 la taxe, qui devait rapporter 1,2 milliard d’euros par an.

Début 2025, après l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen, des propositions visant à introduire la taxe sur le transit du gaz russe ont refait surface à Sofia.

Le parti libéral pro-européen We Continue the Change (« Nous continuons le changement ») a proposé de réintroduire la même taxe, alors même que le gazoduc Balkan Stream — qui passe par la Bulgarie — restait la seule voie de transit pour le gaz russe vers l’Union europénne (UE).

Le 1er janvier, l’Ukraine a interrompu le transit du gaz vers l’UE après l’expiration de son contrat avec la Russie.

Assen Vassilev, l’ancien ministre des Finances de We Continue the Change, a fait valoir la nécessité d’introduire la redevance en même temps que des mesures visant à réduire le déficit budgétaire en 2025.

« Nous sommes déjà dans l’espace Schengen et la Hongrie n’est pas membre de la zone euro, et ne peut pas nous empêcher d’être acceptés dans la zone euro », a commenté l’ancien ministre lors du débat au parlement. « Le budget de l’État a un besoin urgent de recettes. »

Assen Vassilev a expliqué que la taxe serait payée par les pays étrangers, citant l’exemple de la Turquie, qui a augmenté ses taxes pour les navires étrangers traversant le détroit du Bosphore à plusieurs reprises depuis le début de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Temenuzhka Petkova, qui a été ministre de l’Énergie dans deux gouvernements du parti GERB de l’ex-premier ministre Boïko Borissov et qui est aujourd’hui la favorite pour devenir ministre des Finances dans un futur gouvernement dominé par le GERB, a déclaré : « Cela semble bien, mais il n’y a aucune chance pour que cela se produise ».

Selon elle, pour obliger Gazprom à payer cette redevance, il faudrait renégocier les conditions de transit du gaz russe. Mardi, le parlement bulgare a accepté les arguments du GERB et a rejeté la proposition de restitution de la redevance.

Boïko Borissov, tête de file du GERB — le plus grand parti de Bulgarie — et Roumen Radev, président de la Bulgarie, ont démontré à plusieurs reprises qu’ils entretenaient des relations étroites avec Viktor Orban, le Premier ministre hongrois.

En octobre 2023, le parti GERB a voté en faveur de la redevance avec We Continue the Change, et Boïko Borissov a admis par la suite que la Bulgarie voulait forcer l’Autriche à lever son veto à Schengen en menaçant d’augmenter les prix du gaz.