Les départements français peinent à gérer l’initiative pour l’emploi de jeunes
La Seine-Saint Denis et deux autres départements français vont bénéficier de la rallonge budgétaire européenne pour l’emploi des jeunes. Mais la mise en œuvre des actions patine.
La Seine-Saint Denis et deux autres départements français vont bénéficier de la rallonge budgétaire européenne pour l’emploi des jeunes. Mais la mise en œuvre des actions patine.
Trois départements français vont bénéficier de l’initiative pour l’emploi des jeunes, dispositif européen qui augmente de 6 milliards sur la période 2014-2015 les financements européens en faveur de la lutte contre le chômage des moins de 25 ans, dans les régions les plus touchées par le phénomène.
Au côté des régions françaises éligibles, (Aquitaine, Auvergne, Centre, Champagne-Ardenne, Haute-Normandie, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Mayotte, Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion), les départements de la Seine-Saint-Denis, les Bouches-du-Rhône et la Haute-Garonne vont bénéficier d’une partie des 310 millions d’euros que la France devrait recevoir au titre de ce programme baptisé initiative pour l’emploi des jeunes en 2014 et 2015.
Une bonne nouvelle pour ces départements, qui n’était, à l’origine, pas éligibles, puisque l’initiative pour l’emploi des jeunes s’adressait uniquement aux régions dans lesquelles le taux de chômage des jeunes dépasse 25 %, et non aux départements.
Inégalités interrégionales
« L’enjeu a été de faire accepter à la Commission européenne notre éligibilité à ce programme » souligne Stéphane Troussel, président du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis. « Faire entendre que l’on pouvait avoir un PIB régional très élevé et de grandes disparités n’était pas un combat gagné d’avance. Mais non avons réussi à faire entendre qu’il fallait un regard infrarégional » poursuit le Président, dont le département doit recevoir 5,9 millions d'euros au titre de ce programme.
L’Ile-de-France est en effet la région la plus riche de France, mais elle est aussi celle où les disparités interrégionales sont les plus fortes. Le département de Seine-Saint-Denis un des plus pauvres de France.
Calendrier ralenti
Les bénéficiaires de cette rallonge budgétaire doivent maintenant engager les crédits rapidement, puisque l’UE a décidé de dégager ces 6 milliards sur 2014-2015 au lieu de la période budgétaire habituelle des fonds structurels européens qui s’étend de 2014 à 2020.
Un calendrier accéléré doublé d’une clause de rétroactivité. Les régions et les départements bénéficiaires peuvent ainsi depuis le 1er septembre 2013 lancer des actions en faveur de l’emploi des jeunes seront éligibles rétroactivement aux financements de l’Initiative emploi jeune.
Mais la complexité des procédures ralentit la mise en place des actions au niveau local. « Il y a eu beaucoup de retard sur la date du 1er septembre » reconnait un connaisseur du dossier, qui dénonce le « flou » sur les procédures et le calendrier européen.
Les 6 milliards d’euros sont répartis entre une nouvelle ligne budgétaire du budget et une contribution Fonds Social Européen font actuellement l’objet de la rédaction d’un programme opérationnel dans chaque pays éligible. En France, le ministère du Travail espère valider les programmes d'ici le moi de mai. Du côté des départements, on mise sur le mois de mars.
C'est d'ailleurs cette validation qui empêche les départements et les régions d'avancer sur la mise en oeuvre des actions. En effet, les 310 millions de crédits de l'IEJ sont répartis entre le niveau local (35%) et l'Etat (65%). Résultat, l'Etat pourra apporter un cofinancement aux actions des régions et des départements, … qui attendent dont la validation des programmes opérationnels pour cibler les actions éligibles à un cofinancement.
Mise en œuvre locale
En attendant la validation des programmes opérationnels, la Seine Saint-Denis tente d’accélérer le processus au niveau local. « Il faut qu’avant cet été nous engagions les actions » affirme pour sa part le Président du Conseil Général. « Nous allons cibler nos actions sur les jeunes sans emploi et sans formation, mais aussi sur le logement, la santé de ces jeunes, ou encore une offre de formation linguistique pour améliorer leur niveau d’expression » détaille-t-il.
Autre niveau d’intervention prévu en Seine-Saint-Denis, l’utilisation des fonds pour préparer les jeunes à la mobilité européenne. « Mais on ne décidera pas seuls » nuance Stéphane Troussel.
En France, le chômage des jeunes atteignait 26,1 % fin 2013, une moyenne supérieure à celle de l’UE (23,5 %). Dans le département Seine-Saint-Denis, le chômage des moins de 25 ans a continué à augmenter entre novembre 2012 et novembre 2013. « Le nombre de jeunes au chômage est passé de 17 500 à 18 000 », regrette Stéphane Troussel.