Les critiques européennes redoublent sur l’Iran [FR]

Les dirigeants de l’UE ont condamné la gestion par l’Iran des manifestations ciblant les élections contestées de jeudi (19 juin), incitant Téhéran à plus de modération et à lancer une enquête sur le déroulement du scrutin.

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Les dirigeants de l’UE ont condamné la gestion par l’Iran des manifestations ciblant les élections contestées de jeudi (19 juin), incitant Téhéran à plus de modération et à lancer une enquête sur le déroulement du scrutin.

Les médias d’Etat iraniens ont reporté que sept ou huit personnes avaient été tuées dans les manifestations depuis la publication des résultats le 13 juin ; ceux-ci avaient montré une victoire sans appel de Mahmoud Ahmadinejad. Des douzaines de réformistes ont été arrêtés et les autorités ont serré la vis aux médias.

L’Union européenne observe la réponse donnée aux manifestations à travers l’Iran avec des inquiétudes sérieuses, ont déclaré conjointement  les dirigeants de l’UE après un sommet à Bruxelles.

Le Conseil condamne résolument l’usage de la violence contre les manifestants, qui a abouti à la perte de vies humaines ; les autorités devraient s’abstenir de l’usage de la force contre les manifestants, peut-on lire dans la déclaration.

La déclaration a souligné l’importance de l’engagement de l’Iran aux côté de la communauté internationale, en particulier à propose de son très controversé programme nucléaire ; l’Ouest soupçonne le programme de viser la production d’armes atomiques, tandis que Téhéran affirme qu’il est tout à fait pacifique.

Le dirigeant suprême d’Iran, l’Ayatollah Ali Khamenei, a exigé, vendredi la fin des manifestations qui ont secoué le pays depuis les élections contestées, il y a une semaine, et a affirmé que tout sang versé serait de la faute des meneurs des protestations.

La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié le discours de décevant ; M. Khamenei y critiquait les puissances étrangères pour avoir remis en question les résultats des élections.

Alors que de nombreux pays européens et d’organisations des droits de l’homme ont critiqué l’élection et ses conséquences, l’administration du président américain Barack Obama a préféré mettre la sourdine afin de préserver une dialogue futur toujours possible.

Nous ne voulons pas donner l’impression que les étrangers s’impliquent dans les élections en Iran, mais quand vous devez condamner, vous condamnez, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, en ajoutant qu’il comprenait la position de M. Obama.

Le premier ministre anglais Gordon Brown a affirmé vouloir maintenir de bonnes relations avec l’Iran aussi longtemps que Téhéran est capable de montrer au monde que ses élections se sont déroulées de manière juste, sans qu’il y ait eu de suppression injuste des droits et des individus.

Plus tôt dans la semaine, le ministre des Affaires étrangères anglais David Miliband a affirmé clairement que tout doute sur l’équité des élections aurait un impact sur les négociations au sujet du programme nucléaire iranien ; ces discussions impliquent la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré qu’il était très important de maintenir le dialogue avec Iran, et que l’Allemagne voulait toujours voir l’Iran prendre part à une réunion des ministres des Affaires étrangères du G8, qui doit se tenir à Trieste la semaine prochaine.

(EURACTIV avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EURACTIV)