Les critiques du premier ministre turc à la France choquent une députée française
Au Conseil de l’Europe, Recep Tayyip Erdogan, a reproché à Paris ses dernières décisions concernant la laïcité et les Roms. Muriel Marland-Militello, présente dans l’assemblée se dit "interloquée".
Au Conseil de l’Europe, Recep Tayyip Erdogan, a reproché à Paris ses dernières décisions concernant la laïcité et les Roms. Muriel Marland-Militello, présente dans l’assemblée se dit « interloquée ».
La scène a lieu mercredi 13 avril au Conseil de l’Europe, devant des représentants des 47 États membres que rassemble cette institution. La députée française des Alpes Maritimes (UMP), Muriel Marland-Militello, pose une question au premier ministre turc, Recep Tayyip Erdo?an, dont le pays assure en ce moment la présidence de cette assemblée.
La parlementaire souhaite que le ministre revienne sur le statut des minorités dans son pays, il s’emporte alors, jugeant « que la France devrait se regarder avant de critiquer les autres pays ». Suit une série de critiques sur le statut des Roms et la laïcité en France.
Sur son blog, Muriel Marland-Militello, rédige une réponse aux attaques auxquelles elle n’a pas pu répondre, selon la procédure du Conseil.
Les Roms
Le dirigeant du parti majoritaire turc, de la Justice et du développement (NKP), a déclaré que l’attitude de la France envers la population Roms était « anti-démocratique ».
En réponse à la question de la députée qu’il a jugé incongrue, le Premier ministre a répondu : « Dans mon pays, en voyant quelqu’un qui ne connait pas le contexte on dit de lui qu’il est Français. »
Cette remarque est « désobligeante » selon la députée. « Insulter le peuple d’un pays fondateur de l’Union européenne n’est pas de nature à faciliter l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne, cette communauté de destins qui réunit actuellement 27 pays », écrit-elle sur son blog.
Loi sur la burqua
Recep Erdogan a rappelé aussi que la Turquie a pris exemple sur la France pour batir son État laïc. « Nous sommes d’ailleurs le seul pays à majorité musulmane à être laïc », rappelle t-il.
Selon lui, la nouvelle loi interdisant le port de la burqua, dans l’espace public, entrée en vigueur le 11 avril, ne peut pas servir la laïcité française : « Cette loi porte atteinte aux liberté individuelle et ne respecte pas le droit de chacun a vivre sa religion », juge t-il.