Les créanciers de Chypre assouplissent leurs conditions

Nicosie aura jusqu'en 2018 pour remplir les conditions du protocole d'accord signé avec la Troïka.

EURACTIV.fr

Nicosie aura jusqu’en 2018 pour remplir les conditions du protocole d’accord signé avec la Troïka.

La panique qui s’est emparée de l’île laisse aujourd’hui place à une approche plus apaisée des conditions auxquelles le pays va pouvoir accéder à l’aide internationale. Outre la taxation très médiatique des gros épargnants, Chypre bénéficie d’un prêt de 10 milliards d’euros du Mécanisme européen de stabilité et du Fonds monétaire international (à hauteur de 1 milliard).

Le protocole d’accord arrêté en début de semaine entre les autorités chypriotes et la Troïka (UE, FMI, BCE) prévoit une série d’assouplissements. Le pays doit restructurer son secteur bancaire, lancer une vague de privatisations, réduire sa fonction publique, augmenter l’impôt sur les sociétés, mais il aura jusqu’en 2018 pour y parvenir, soit deux ans de plus que le calendrier initial.

Un communiqué diffusé le 2 avril par le gouvernement chypriote résume les contours du compromis :

  • Les revenus issus de l’exploitation de gaz restent dans le giron de l’Etat
  • Suppression de l’augmentation d’heures travaillées des enseignants, qui auraient abouti à la disparition de 500 postes
  • Diminution de 4500 fonctionnaires au lieu de 5000
  • Maintien de l’accès à la couverture santé de 170 000 chypriotes, en contrepartie d’une taxe de 1,5% sur leurs salaires, en attendant la mise en place d’une assurance nationale de santé

Dans un communiqué conjoint, le commissaire européen Olli Rehn et la directrice du FMI Christine Lagarde, ont salué les mesures du programme : « Le programme prévoit un ajustement budgétaire à un bon rythme qui équilibre les préoccupations cycliques de court terme et les objectifs de soutenabilité de long terme. »

La première tranche d’aide devrait être versée courant mai. Lors de son investiture le 3 avril, le nouveau ministre des Finances chypriote Haris Georgiades a promis de « mettre en oeuvre le protocole d’accord entièrement sans aucune dérogation » en respectant « tous les délais et atteindre tous les objectifs ».