Les cours de français sont de plus en plus demandés dans les cercles européens

Au cours des dix dernières années, la demande pour les cours de français a augmenté régulièrement, notamment parmi les publics en poste à Bruxelles de diplomates , de fonctionnaires européens, et de journalistes internationaux, a expliqué Thierry Lagnau, le directeur de l’Alliance Française Bruxelles-Europe.    

EURACTIV.com
Selon University London College, Paris est la championne des investissements cliimatiques
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Au cours des dix dernières années, la demande pour les cours de français a augmenté régulièrement, notamment parmi les publics en poste à Bruxelles de diplomates , de fonctionnaires européens, et de journalistes internationaux, a expliqué Thierry Lagnau, le directeur de l’Alliance Française Bruxelles-Europe.
 
 

La demande n'a fait que croître ces dix dernières années : près de 5000 élèves sont aujourd'hui inscrits aux cours de français donnés par l'Alliance Française à Bruxelles, contre 2000 il y a dix ans, a expliqué M. Lagnau à EURACTIV.

Cette augmentation survient pourtant dans un contexte où le français décline au sein du personnel de l'UE, la plupart des documents internes étant aujourd'hui rédigés en anglais à la Commission européenne.

« Il est indéniable que le « globish » s’est peu à peu imposé comme langue usuelle au détriment de la langue française », a déclaré M. Lagnau, le directeur de l'Alliance Française Bruxelles-Europe, une association qui promeut la langue et la culture françaises dans le monde.

Un « retour à plus d'équilibre » entre les langues semble toutefois difficilement envisageable, a admis M. Lagnau, se montrant assez pragmatique.

Avec 27 Etats membres et 23 langues officielles dans l'Union européenne, le français a perdu sa suprématie d'antan au bénéfice de l'anglais, qui est de facto devenu la langue de travail des institutions de l'UE.

Dennis Abbott, le porte-parole de la commissaire européenne à l'éducation, Androulla Vassiliou, en charge du multilinguisme, confirme que l'anglais est de loin la langue la plus utilisée dans les services de la Commission.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2011, l'anglais a été la langue source de 77,04 % des textes soumis aux services de traduction de la Commission européenne, contre 74,6 % en 2009, a expliqué M. Abbott. La position du français, en revanche, n'a fait que se détériorer, avec seulement 7,13 % des documents sources, contre 8,32 % en 2009. L'allemand conserve quant à lui un rôle marginal, avec 2,74 % des textes sources, bien qu'il s'agisse de la langue parlée par le plus de locuteurs natifs dans l'UE, avec près de 100 millions de personnes de langue maternelle allemande.

La Cour européenne de justice : un bastion pour le français

Ces chiffres pourraient faire déprimer ceux qui luttent pour promouvoir la diversité linguistique. M. Lagnau préfère tout de même voir le bon côté des choses. Ces chiffres doivent être nuancés, a-t-il expliqué. Le français reste en effet la langue officielle de la Cour européenne de justice et il est largement utilisé dans certains départements de la Commission, comme la DG Agriculture.

Il s'agit là des bastions de la langue française, a-t-il ajouté. Bien que la langue de Molière soit rarement parlée lors des réunions, elle reste très utilisée dans les « conversations de couloir » et par certains groupes de travail dirigés par des francophones où les échanges sont facilités par cette « connivence linguistique ».

En outre, la méconnaissance totale du français est un handicap pour les fonctionnaires souhaitant faire carrière à Bruxelles, notamment à la Commission européenne où le français est la seconde langue de travail.

En réalité, le déclin de l'utilisation du français comme langue de travail dans les institutions européennes a eu un effet paradoxal, a argué M. Lagnau. Dans la mesure où les francophones sont moins présents, la demande pour les cours de français augmente dans les cercles européens, a-t-il affirmé.

De 1826 élèves en 2001, le nombre d'apprenants a grimpé à 4797 en 2011, selon les derniers chiffres de l'Alliance Française. Sur ces 4797 élèves, 657 sont des diplomates et 17 travaillent dans les quartiers généraux de l'OTAN à Bruxelles, a précisé M. Lagnau. Les autres étudiants évoluent dans les cercles diplomatiques bruxellois au sens large. Il s'agit des conjoints d'expatriés ou d'employés de grandes entreprises internationales.

« La demande va croissant comme en atteste le nombre d’heures de cours vendues, en augmentation régulière de près de 5% chaque année depuis plus de dix ans », a confirmé M. Lagnau.

« Nous sommes donc face à un paradoxe intéressant : alors qu’il est moins employé actuellement dans les institutions, le français fait l’objet d’une demande de formation au volume somme toute élevé ! »

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