Les conditions de sauvetage des migrants empirent en Méditerranée

Les conditions de sauvetage de migrants sont devenues « inacceptables », s'alarme  l’ONG SOS Méditerranée, après avoir dû négocier en pleine mer avec les garde-côtes libyens le droit de secourir un bateau en détresse.

EURACTIV avec l'AFP
African migrants rescued by Libyan coastguard
Migrants conduisant un bateau après avoir été secourus par des gardes-côtes libyens en Méditerranée, près de Tripoli le 8 Juillet 2017. [EPA]

Les conditions de sauvetage de migrants sont devenues « inacceptables », s’alarme  l’ONG SOS Méditerranée, après avoir dû négocier en pleine mer avec les garde-côtes libyens le droit de secourir un bateau en détresse.

Venue samedi matin à la rescousse d’une embarcation surchargée au large des côtes libyennes, l’ONG SOS Méditerranée affirme n’avoir obtenu le droit d’évacuer que « les cas les plus vulnérables » sur son navire l’Aquarius, mais s’être vue « interdire de secourir les autres passagers du canot ».

« 39 personnes, dont un nouveau-né, des femmes enceintes et de nombreux enfants avec leurs parents » ont été transférées sur le navire tandis qu’ « environ 90 personnes » ont été « interceptées par les garde-côtes libyens et renvoyées en Libye », ajoute l’ONG dans un communiqué.

Au total, SOS Méditerranée rapporte avoir secouru « 292 personnes » au cours de trois opérations depuis jeudi.

« Les conditions actuelles de sauvetage en mer, toujours plus compliquées et avec des transferts de responsabilité confus et périlleux pendant les opérations, sont inacceptables », a estimé Francis Vallat, le président de SOS Méditerranée France.

En effet les bateaux de sauvetage « se retrouvent contraints à négocier au cas par cas, en pleine mer, en situation d’urgence et de tension dangereuse, l’évacuation de personnes en détresse », a-t-il ajouté, en déplorant une nouvelle fois que « le renvoi des personnes en détresse vers la Libye est priorisé au lieu de leur mise en sécurité ».

Aussi SOS Méditerranée appelle-t-elle les autorités européennes et internationales « à clarifier d’urgence le cadre d’intervention des gardes-côtes libyens ».

L’Aquarius est l’un des derniers navires d’ONG à patrouiller régulièrement au large de la Libye. La plupart ont suspendu leurs opérations en raison de menaces libyennes, de la baisse des départs (-60 % depuis l’été 2017)… ou de la saisie de leur bateau, comme cela a été le cas fin mars pour le navire d’une ONG espagnole placée sous séquestre par la justice italienne.