Les compagnies aériennes doivent arrêter « d’arnaquer » les voyageurs [FR]
Grâce aux nouvelles règles européennes régissant les campagnes publicitaires pour les tarifs aériens, les clients pourront bientôt connaître le prix réel de leurs billets d’avion. En effet les taxes et différents frais supplémentaires seront clairement mentionnés, écartant ainsi les mauvaises surprises pour les voyageurs.
Grâce aux nouvelles règles européennes régissant les campagnes publicitaires pour les tarifs aériens, les clients pourront bientôt connaître le prix réel de leurs billets d’avion. En effet les taxes et différents frais supplémentaires seront clairement mentionnés, écartant ainsi les mauvaises surprises pour les voyageurs.
Après être parvenu à un accord avec le Conseil, le Parlement européen a approuvé le projet de loi le 9 juillet. Le texte pourrait ainsi entrer en vigueur d’ici la fin de l’année.
Le document est destiné aux compagnies aériennes qui tentent de séduire les clients par des prix alléchants – parfois inférieurs à 1€ – tout en omettant de mentionner qu’ils devront en fait payer des taxes supplémentaires, des frais de dossier ou des surtaxes liées au carburant ou à la sécurité qui grossissent leur facture.
La nouvelle loi stipule que tous les transporteurs aériens devront inclure ces taxes supplémentaires dans le tarif final qu’ils affichent, y compris sur Internet. Le texte survient après une étude du secteur par la Commission, qui a révélé que sur 386 sites Internet testés, 137 affichaient des informations trompeuses (EURACTIV 09/05/08). Les surtaxes liées à la sécurité devront également être mentionnées séparément sur le billet ou être communiquées de manière claire au voyageur. De plus, les transporteurs aériens devront s’assurer que ces taxes sont « utilisées exclusivement pour financer des mesures de sécurité dans les aéroports ou à bord des avions ».
Cependant, le texte couvre uniquement les « charges obligatoires ». Les tarifs « optionnels » pour les suppléments, comme ceux liés à l’embarquement de bagages et considérés comme des charges non obligatoires par de nombreuses compagnies aériennes, pourraient ne pas figurer sur les prix affichés. Le texte exige néanmoins que ces tarifs optionnels soient communiqués « d’une manière claire, transparente et non-ambigüe au début du processus de réservation, et leur acceptation par le consommateur doit se faire sur une base « explicite » ».
Pour l’eurodéputé britannique socialiste Brian Simpson, cette transparence ne peut être qu’une bonne chose. Il espère qu’elle mettra un terme aux pratiques malhonnêtes des compagnies aériennes qui, depuis quelques années, tentent d’arnaquer les voyageurs en les persuadant à tort qu’ils achètent des billets d’avion très bon marché. Il a ajouté qu’au cours des dernières années, les compagnies aériennes à bas coûts sont devenues des spécialistes en la matière.
Mais l’association ELFAA, qui représente les intérêts des compagnies aériennes à bas coûts dont Ryanair, insistent sur le fait que ses membres appliquent des politiques de fixation de prix on ne peut plus transparentes. Elle a dénoncé à sont tour les grandes compagnies aériennes traditionnelles, dont les pratiques abusives et restrictives – notamment par rapport aux tarifs aller-retour, aux règles de séjour minimal ainsi qu’à la règle de la nuit du samedi au dimanche – augmentent les tarifs aériens pour les voyageurs. Le porte-parole de Ryanair, Stephen McNamara, estime que si le Parlement était prêt à servir les intérêts des consommateurs, il aurait interdit les surtaxes carburants qui ne sont pas justifiées.
Les règles font partie d’un paquet visant à compléter la législation européenne actuelle sur le fonctionnement des services de transport aérien dans la communauté. La révision est également destinée à mettre les entreprises de leasing d’avions sur un pied d’égalité, à déterminer à qui incombe la responsabilité administrative de retirer les licences d’exploitation, à garantir la bonne application du droit du travail pour l’équipage et à renforcer les contrôles de la situation financière des compagnies aériennes pour s’assurer que les droits des passagers sont protégés, même en cas de faillite des transporteurs.
Cependant, l’ELFAA affirme que ces modifications, notamment les exigences plus strictes concernant le leasing d’avions et les références aux dispositions sociales, menaceront les principes du marché unique pour les services de transport aérien et imposeront des complications inutiles aux opérateurs.