Les citoyens veulent une « Europe concrète et pragmatique » [FR]

De plus en plus d’Européens souhaitent une Europe « pragmatique » qui se concentre sur des questions « concrètes », a expliqué Dominique Reynié, professeur à la prestigieuse université de Sciences politiques de Paris, à EURACTIV France.

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De plus en plus d’Européens souhaitent une Europe « pragmatique » qui se concentre sur des questions « concrètes », a expliqué Dominique Reynié, professeur à la prestigieuse université de Sciences politiques de Paris, à EURACTIV France.

Dans un entretien, Dominique Reynié, Professeur à Sciences-Po et coordinateur de la publication « L’Opinion européenne en 2008 », explique que ce serait «  une erreur complète » de croire que  les Européens ne veulent pas l’Europe. Il ajoute qu’au contraire « ils approuvent l’Europe parce que c’est un projet utile, parce qu’elle sert à améliorer leur vie ou à réduire leurs difficultés ». Cependant « Leur fierté est nationale, ou locale mais elle n’est pas européenne » et c’est pour cette raison qu’ « une grande opération politique européenne risquerait de conduire à un échec ». 

Parallèlement, les conclusions « noir sur blanc » de nombreux sondages de l’Eurobaromètre  montrent qu’il existe une demande de plus en plus forte en faveur d’une « Europe concrète ». Cependant le Professeur Reynié regrette que les  « les gouvernements nationaux ou l’Europe elle-même n’ont pour le moment pas répondu à cette préoccupation ». Il ajoute qu’« ils ne répondent que par une politique de communication sincère mais naïve en faveur de l’Europe, celle-ci étant présentée comme une idée enthousiasmante, comme un concept devant suffire à lui seul à susciter l’adhésion ».

De plus, le professeur  « ne comprend pas cette relation simple et massive que l’on fait entre le référendum irlandais et le point de vue des Européens sur l’Union » car pour lui lors du vote « les Irlandais ont dit non à un texte, à un gouvernement » mais pas à l’Europe en tant que telle. Il explique notamment qu’on ne peut pas déduire du fait que «  la moitié des électeurs irlandais se sont abstenus » signifie que « les Européens n’ont pas de point de vue sur l’Union ! » étant donné que « parmi ceux qui ont voté « non », 80% déclarent être attachés à l’Union ». 

Enfin, les Européens d’aujourd’hui sont inquiets de la mondialisation et veulent que l’UE « intervienne dans des domaines très concrets, qui seraient de nature à améliorer leur existence », ce qui reflète leur besoin d’être « rassurés, réconfortés, même protégés », affirme M. Reynié.

« Ce thème correspond à une demande très forte » qui doit être « acceptée et reconnue » et c’est le rôle aux « gouvernements nationaux et à l’Union d’expliquer qu’il est possible de faire de la protection sans faire de protectionnisme ». 
Parallèlement, lors son intervention devant les français à la veille de la présidence tournante de la France de l’UE au 1er juillet, le président de la République française, Nicolas Sazkozy, a annoncé que  « l’idée même d’Europe serait en danger aussi longtemps que nous ne protègerons pas les européens », et à insister sur le fait que « nous ne devions pas voir peur du mot ‘protection’ ». Il également ajouter  «Ça ne va pas du tout »  » au sein de l’UE affirmant qu’ «  il y a eu erreur dans la façon de construire l’Europe »  (EURACTIV 01/07/08).  

Pour lire la version intégrale de l’entretien sur le site Internet d’EURACTIV France, cliquez ici.